Monday, October 24, 2011

NICOLAS SARKOZY LE CHIEN FOU DE L'ELYSEE

SARKOZY, LE « CHIEN FOU » DE L’ELYSEE, ET LES CIRCONSTANCES D’UN MARTIROLOGE LIBYEN

Javier Solana, haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et la sécurité commune, notait pendant la conférence de Naples en décembre 2003 « Certains pourraient dire : que vaut le processus de coopération euro-méditerranéenne (…) ? Conçu comme un espace de coopération anticipant la paix, il est de facto un espace compliqué par les conflits ».

Du moment que M. Solana a posée la terrible question, ni lui en tant que représentant ni l’Union Européenne n'ont pas en suite réussi à sortir de l'impasse moral, mais au contraire ils s'en sont défendu par un discours des simples promesses qui certes n'ont pas le pouvoir de dissimuler les graves responsabilités de l'Europe vis-à-vis la lourde situation de dépendance économique de l'espace maghrébin. Cette dépendance n’est jamais guérie ou apaisée, elle est en plus entretenue, « nourrie » et finalement provoquée comme dans l’intervention militaire en Lybie, qui était par conséquence voulue, conçue et prédisposée par le machiavélisme sans freins d’un groupe de pouvoir affairiste qui a des tentacules internationaux et sa tête exécutrice dans le chef d’Etat français actuel. Il ne faut pas être oracle pour savoir qu’il ne le restera pas encore longtemps : le résultat de sondages d’opinion l’affiche clairement, sa popularité est en chute libre. Incapable de trouver de réponses aux problèmes de l’intégration sociale des immigrés, de l’équilibre communautaire dans l’état républicain, de la pression migratoire, de la crise du travail, il est maintenant dénudé dans ses louches intentions colonisatrices en Afrique et bientôt au Moyen Orient. Manipulateur, habile magouilleur avec ses services de renseignements qui bien connait depuis son ancien poste de Ministre de l’Intérieur, dernièrement l’ancien renard c’est mutée soudainement en faucon rapace pour le dossier libyen, dont il a lestement pensé de faire « son propre Irak » en concurrence des USA. Ainsi en signe précurseur de son cynisme calculateur, le Président français Sarkozy, pendant sa visite en Tunisie en fin d’avril 2008, portant sur des accords économiques entre la France et la Tunisie de Ben Ali, un « ami » auquel il ne pouvait pas « donner des leçons » comme a affirmé à la presse, avait également repris l’argument crucial de sa « politique de sécurité », celui de l’immigration clandestine. Il fallait donner l’impression, confortant les Français, que l’épineux problème de l’intégration des masses maghrébines et musulmanes au sein de la société française, pouvait se résoudre avec un banquet en compagnie de Ben Ali et la promesse d’une construction d’une centrale atomique en Tunisie vers 2030, date à laquelle on doutait déjà raisonnablement d’y retrouver les deux copains au pouvoir… C’est ce qui est paru dans le compte-rendu de sa visite d’État publié sur La Presse de Tunisie, qui indiquait entre autres que :

« S’interrogeant sur les raisons pour lesquelles le Processus de Barcelone n’a pas atteint ces objectifs, Nicolas Sarkozy a estimé qu’elles résultaient de la position adoptée par l’Europe qui considère la Méditerranée comme faisant partie du passé, alors que ‘‘cette région est notre avenir’’, d’où peut naître une ‘‘ réussite spectaculaire’’ ou ‘‘un échec tragique’’. »[1]

Par conséquence, il me plait de mesurer ses mots avec la situation internationale de mise en œuvre d’une barbare et sanglante colonisation en Libye, au bord de cette Méditerranée à assujettir à leurs exigences mégalomanes, que la « promptitude diplomatique » de Sarkozy et de son «conseiller spécial » Bernard Henri Lévy ont dépêchée avec grand apparat médiatique sous la pression des puissants groupes industriels et lobbies bancaires dans l’Hexagone et ailleurs. En effet l’entrée précipiteuse de la France dans un conflit militaire en Libye, février 2011, en appui d’un soulèvement armé politico-tribal que le gouvernement français avait alimenté lui-même avec ses services secrets, la frénésie d’entrer en possession des nouvelles concessions d’exploitation pétrolière et de réalisation d’infrastructures suite à une reconstruction longue et couteuse après des bombardements tant incessants que meurtriers mais inefficaces à détruire rapidement la résistance du leader Kadhafi, et je paris à jamais celle des tribus et des militants fidèles à la Jamahiriya, sont tous des signes que Sarkozy a surement opté, à mon avis, pour ‘‘un échec tragique’’.

Rien en effet vaut comme résultat politique ou stratégique d’avoir mis les mains sournoisement sur les ressources d’un pays en position de pointe en Afrique du Nord, en entamant l’action militaire de l’Organisation Atlantique sur des prétendues « raisons humanitaires » en appui de la révolte organisée, si cela devait causer des massacres des dizaines de milliers de civils, plus de 60000 victimes de ce dessin abominable, et souvent des familles entières et des enfants, des souffrances inimaginables, comme dans la ville martyre de Syrte complètement détruite par les bombardements aériens et terrestres, si cela devait encore produire les indicibles tortures et flagrantes violations de droits humains et des droits de guerre commises dans la plus totale impunité et couverture médiatique par les mêmes extrémistes islamiques que l’Occident disait de combattre, mais finalement associés à ce dessin impérialiste dépravé. Mais surtout si cela devait comporter la totale perte de crédibilité morale de l’Occident, par la politique mégalomane et cynique d’un homme qui siège indignement en chef d’Etat de la France, dépourvu de quelconque authentique sentiment humain, tant qu’il peut se tenir à coté d’une répugnante Hillary Clinton, la secrétaire du nazi-sionisme américain, qui se réjoui sauvagement du lynchage ignominieux du Leader Mouammar Kadhafi, le grand Colonel qu’on recevait encore récemment comme ami, l’ancien héros de la Révolution Blanche surpris et blessé par le raids aériens à Syrte, sa ville natale où avait décidé de rester dans une décision courageuse et compréhensible contre la traitrise de l’Occident, et barbarement trainé mourant au cri d’’Allah waAkhbar’ par les bandes haineuses des militants jihadistes au solde l’Alliance Occidentale. Dans sa colère sénile, l’ancien Guide de la Révolution les avait définis des « rats », hélas, dans leur brutalité contre un chef politique fait prisonnier, leur cruauté et barbarie raciste contre miliciens et combattants subsahariens, ils ont été à la hauteur de l’injure. De quel Etat de démocratie ou de droits de l’homme seront jamais capables ces hordes sauvages mêlées au nouveau pouvoir en Libye ? Nous verrons bientôt les avancés des droits de l’Homme dans ce pays ou l’Homme est disparu ! Nous verrons aussi les avancés de droits des femmes, qui traineront en burka ou en niqab sous le joug de la charia imposé par le nouveau ami de la France, l’islamiste Mustafa Abdel Jalil, dont le front tamponné par les prosternations en direction de La Mecque est déjà tout un résumé symbolique de ses programmes obscurantistes, et cela grâce à la France, la terre de Montesquieu et de Voltaire ! Quels acquis pour ces improvisations en politique du flic Sarkozy ! Il ne vaut même pas la botte du Grand Colonel qui le 1er septembre 1969 bravait les atteintes impérialistes anglo-américaines en portant, sans sang verser, son Pays vers un chemin de libération social, politique et économique par un idéal venu dans l’esprit génial de l’ancien bédouin visionnaire et passionné de sa terre aimée. Et combien de sabotages, combien de haine lui ont retourné les pays du capitalisme occidental, USA avant tous, en mettant la Libye sous bombardements et en embargo et le Leader de la Jamahiriya sous le cible de commandos tueurs, jusqu’à ce jour ! Mais la Jamahiriya ne mourra pas, ni le Leader Kadhafi c’est effacé du cœur des patriotes fidèles, malgré la haine sanguinaire d’al-Qayda parrainée à l’occasion par l’OTAN, et ses autres beaux copains meurtriers ! Nous savons par contre que pour tout son amour vers la France, jamais un Sarkozy s’en ferait martyr ! Et enfin Sarkozy a perdu son pari, car il a vraiment choisi «un échec tragique» pour l’Europe et l’Occident, en créant cet énorme chantier de la mort en Libye, un autre irrémédiable lieu de conflit comme en Irak, en trainant derrière lui beaucoup d’autres chefs d’Etat dans la même traitrise envers tout le continent africain. L’hypocrisie de ses paroles retentit d’une importance encore accrue par les résultats des émeutes sociales du janvier 2011 en Tunisie portants à la chute du régime du Président Ben Ali. Au pouvoir depuis vingt-deux ans, ce dernier cherchait encore en juin 2009 d’obtenir pour la Tunisie un “statut avancé”, autrement dit de nouer un partenariat renforcé avec l’Union européenne, en remettant en mars 2010 à Bruxelles un document que le commissaire européen à l'élargissement et à la politique de voisinage Stefan Füle qualifiait d’ important, le dossier butant singulièrement sur le chapitre des libertés et des droits de l’Homme. Selon un communiqué publié par l’Associated Press, le responsable européen a fait remarquer que « l'ambition d'une coopération avancée doit s'appliquer aux domaines politique, économique, social, énergétique, de l'investissement et la coopération en matière de justice et de liberté, mais aussi à celui des droits de l'Homme et de l'Etat de droit ».[2] Malgré les bonnes promesses de la part tunisienne, l’accord de coopération, en vertu duquel l'UE s'engageait à octroyer à la Tunisie une enveloppe de 240 millions d'euros dans la période 2011-2013 ([3]), devait immédiatement être suspendu face à la situation de répression exercée par le régime de Ben Ali pendant les démonstrations sociales dans les sud et l’intérieur du Pays en janvier 2011. Il n’y avait là pourtant pas de nécessité d’une « intervention humanitaire » pour Sarkozy et son ami misanthrope Bernard Henry Lévi ? En effet combien de gisements de pétrole ou de gaz on trouve en Tunisie ? Une quantité bien méprisable, et c’est pour cela que depuis le début des émeutes sociales en Tunisie, la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, estimait que la France ne devait pas "donner de leçons" à la Tunisie. A cela, Jean-Pierre Sueur, président du groupe d’amitié France-Tunisie au Sénat, pouvait répliquer dans Le Monde: « La France n’a pas à donner de leçons à la Tunisie mais elle doit parler clair, comme elle le fait envers d’autres pays dont elle condamne la politique. Dans le monde, d’autres pays, comme les Etats-Unis ou l’Union européenne, ont réagi bien plus clairement que Paris à la répression, aux atteintes aux libertés. » [4]

L’intervention en Libye, mise en œuvre par la France sous prétextes « humanitaires », pour se rattraper d’une honte diplomatique en accomplissant un crime international, dépouille le monde occidental de tout honneur lié à un vrai propos de paix, en sachant clairement, comme le journal tunisien Essabah, et deux des principaux journaux algériens, El Khabar et El Watan entre autres, ne manquaient pas de souligner ([5]), que cette intervention militaire était bien alimentée par le pétrole libyen qui aiguise les appétits occidentaux. Un petit feuil publié en ligne, à tendance anticapitaliste, en dehors du silence critique quasi absolu dans les grands média, remarquait à cet effet :

« Les mêmes qui justifient les bombardements en Libye par des motifs humanitaires participent directement à la répression du mouvement démocratique au Bahreïn et au Yémen. Des troupes de l’Arabie Saoudite et des Émirats Arabes unis sont entrées dans le pays à la demande du monarque du Bahreïn et avec l’accord d’Obama pour réprimer un mouvement totalement pacifique et assassiner les leaders du mouvement. » [6]

Tandis que le va-et-vient des avions de la coalition militaires de l’UE guidée par la France faisait pleuvoir ses missiles sur Tripoli et les impréparées infrastructures défensives de Kadhafi, la Tunisie changeait à trois reprises son gouvernement de transition, en connaissant une période de chaos exceptionnel, revendications sociales à caractère violent, anarchie des certaines régions, où « on constate avec amertume l’occupation illégale des lots de terrain appartenant à l’Etat, l’invasion de marabouts, la fouille illicite des zones archéologiques, le pillage des maisons et de magasins…»[7] A Sidi Bouzid, foyer majeur de la révolte de janvier 2011, même les parcs naturels ne sont épargnés de violences et du vandalisme contre agents, équipements et animaux. Dans des zones proches de la frontière libyenne et autres localités maritimes les départs organisés des clandestins s’organisent presque impunément et des milliers de transfuges débarquent ainsi sur les côtes italiennes de l’île de Lampedusa en causant une émergence, dont la France se lave complètement les mains, en adoptant une politique de rejet total de l’immigration irrégulière tunisienne et magrébine en général, en barbe à ses « préoccupations humanitaires » en Libye. La démagogie se détraque.

La vérité de l’enjeu est le dessin occidental de maintenir l’assujettissement économique et politique du Maghreb et de l’Afrique, pour la confisque à temps indéfini de leur avenir.

Maintenant c’est par là que l’Europe diplomatique doit faire face à la question de sa propre survie, du moment qu’à l’intérieur de ses frontières géographiques en continuelle expansion, dans son corps social multiforme et multilingue et ses diversités nationales, c’est trop souvent l’hypocrisie qui fait la politique. L’Europe ne doit pas se séparer de son âme, comme elle ne peut pas oublier l’héritage religieux qui a fondé sa civilisation. Et surtout elle ne peut pas, au prix de disparaitre elle-même, se mettre en contradiction avec le message lumineux du Messie de Nazareth qui était premièrement inscrit dans tous les codes moreaux au delà de différences nationales : reconnaitre dans l’amour du Créateur envers l’homme, le principe fondamental du respect de la vie humaine. C’est cela qu’il faut mettre en évidence avant toute autre chose, si on veut vraiment analyser avec profondeur le hiatus moral et légal par rapport à la question des droits de l’Homme entre Occident et les Pays du Tiers Monde ou ceux se définissant musulmans. Et c’est pour cela que je passe le message : la France ne peut attendre plus anxieusement le départ de quelqu’un de trop chez elle, ce « chien fou » de l’Elysée que Reagan n’a pas eu le temps de connaitre : un incomparable hypocrite qui s’appelle Sarkozy.



[1] voir La Presse de Tunisie, mercredi 30 avril 2008, p.4.

[2] Tunis remet un document "très important" pour obtenir un "statut avancé" avec l'UE, par Bouazza ben Bouazza, mardi 30 mars 2010, AP.

[3] Signé avec le ministre tunisien du Développement et de la Coopération internationale, Mohamed Nouri Jouini, il était «destiné à financer des "secteurs prioritaires", dont la promotion de l'emploi, l'aide aux PME, le soutien au processus d'intégration, la modernisation de la justice et la bonne gouvernance. », ibid.

[4] "Les liens entre la France et la Tunisie ne justifient pas le silence sur la répression", Jean-Pierre Sueur, Le Monde, 14 janvier 2011, propos recueillis par Alexandre Piquard.

[5] AFP, revue de presse du 20 mars 2011.

[6] « Refusons l’hypocrisie de la guerre humanitaire ! », éditoriale de Alternative Libertaire, 21 mars 2011.

[7] La Presse de Tunis, 7 février 2011, p.2.

Tuesday, March 23, 2010

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE ITALIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÉRES - texte français

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE ITALIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÉRES,
M. FRANCO FRATTINI et Ministres homologues de l’Union Européenne


Monsieur le Ministre, MM. les Ministres homologues de l’Espace Schengen,

en qualité de Citoyen Italien résident à l’étranger, je me permets de porter attention sur un problème personnel que je sens d’actualité et d’intérêt collectif. Mon expérience de séjour en Tunisie, dans ce pays de l’Afrique du Nord qui a l’honneur d’être un Etat de Droit, me porte à constater la situation de lacune en matière de droits de conscience et de religion tels qu'ils se retrouvent dans la sphère du choix et de la liberté matrimoniale. Divers concitoyens, des italiens et d’autres membres de la Communauté Européenne sont poussés et je dirais contraints, et par ignorance juridique et pour la bassesse des pratiques administratives sous un fond de chantage, à se plier à la conversion officielle à l'islam pour y obtenir un mariage.

En effets ce choix personnel de fonder une famille avec une femme de nationalité tunisienne, qui a non seulement accepté librement de vivre la diversité religieuse mais aussi de se rapprocher de mes positions de foi, se heurte avec une pratique administrative qui, sans tenir compte de l'évolution juridique en matière, soit au niveau des conventions internationales qu’au niveau de la réforme constitutionnelle en Tunisie, continue obstinément et on dirait aveuglément, à demander pour l'homme étranger non musulman un certificat d'islamisation comme conditio-sine-qua-non à l'obtention de l'acte matrimonial.

Ce problème épineux ne peut pas être considéré simplement objet de la souveraineté de l’Etat tunisien du moment qu'il intéresse en particulier le droit international, le respect des conventions et accords internationaux, et sous cet aspect le cas de Tunisie devient paradoxal.

La Tunisie a adhéré à la Convention de New York du 10 décembre 1962, en reconnaissant le principe de l'égalité de l'homme et de la femme, principe qui est compromis par les pratiques de discrimination décrites ci-dessus, en limitant la liberté de la femme d'épouser un homme de religion différente. D’ailleurs, et en contradiction avec de telles pratiques, la Tunisie a reconnu, avec la réforme constitutionnelle approuvée en 2002, la "conception globale et universelle des Droits de l'homme", art.5 de la Constitution, premier alinéa, tels qu’ils procèdent de la Déclaration Universelle de 1948.

Le Président de Tunisie, M. Ben Ali a célébré le 60° anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, en disant entre autre: « Ce sont là autant de principes que nous nous sommes préoccupés d’inclure dans la Constitution tunisienne, dans le cadre d’une approche exhaustive et cohérente consacrant l’égalité entre l’homme et la femme, dans un partenariat intégral et équilibré dans tous les domaines de la vie ». (Traduction française du discours rapporté par la presse officielle, La Presse, 13 décembre 2008, p.4).

La Déclaration Universelle des Droits de l'homme demande notamment, par ses articles 16 et 18, la reconnaissance de la liberté religieuse et de la liberté matrimoniale. L'administration tunisienne ne peut pas méconnaître tels engagements de civilisation, politiques et sociaux, ni les contredire, du moment qu'ils font partie intégrante de son amendement constitutionnel, approuvé par le referendum populaire du mai 2002.

La diplomatie italienne dont Vous, M. Frattini êtes à la tête, avec l’intérêt de tous les Ministres homologues de l’Union Européenne, a aussi le devoir de rappeler à notre voisin que demander par les biais de circulaires administratives obsolètes l’islamisation de nos concitoyens afin de contracter mariage en Tunisie est une violation des droits de l'homme selon les accords et les conventions internationaux, en même temps qu’il apparaît une pratique anticonstitutionnelle à intérieur de la Tunisie.

La Cour d'Appel de Tunis, en rendant un jugement le 6 janvier 2004 (Aff. n°120), validé par la Cour de Cassation le 20 décembre 2004, (Aff. n°3843), a exprimé entre autre:

« …le législateur tunisien n’a mentionné aucune condition relative à la religion en tant qu’empêchement matrimonial, dans les articles 5 et 14 du Code du statut personnel, ou en tant qu’empêchement successoral, au sein de l’article 88.
Attendu qu’interpréter les articles 5 et 88 du Code du statut personnel comme consacrant un empêchement tiré de la disparité de culte introduit au sein des textes une condition que le législateur n’a pas mentionnée ni de façon expresse, ni de façon implicite, constitue un dépassement de la volonté du législateur et contredit les articles 532 et 540 du Code des obligations et des contrats.
Attendu que le droit tunisien se fonde sur la liberté religieuse et sur le principe d’égalité et que l’interprétation des textes ne doit pas contredire ces principes.Attendu que la garantie de la liberté religieuse au sein de l’article 5 de la Constitution n’est pas compatible avec la consécration de l’élément religieux comme empêchement matrimonial ou comme empêchement successoral. La garantie de la liberté religieuse devrait permettre à chacun d’exercer librement sa religion sans aucune crainte pour ses droits personnels et pécuniaires.
Attendu que l’intégration de l’élément religieux parmi les empêchements contenus dans les articles 5 et 88 du Code du statut personnel conduit à contredire l’article 6 de la Constitution qui garantit l’égalité entre les citoyens, ce qui a pour conséquence de créer des catégories de droits différents, d’accorder aux hommes la liberté d’épouser de non-musulmanes, sans accorder cette même liberté aux femmes… » .

Il devient donc urgent de protester la grave contradiction entre droit et administration en Tunisie en matière de liberté matrimoniale, parce que les citoyens européens et étrangers ainsi que les femmes tunisiennes dont la Constitution protège les acquis, sont lésés de leurs droits sous prétexte de deux circulaires, une du Ministère de l'Intérieur et l'autre du Ministère de la Justice tunisienne, et respectivement de 1962 et de 1973, qui se refont à une interprétation obsolète du Code de Statut Personnel en interdisant aux officiers d'état civil de rédiger des actes matrimoniaux, dans le cas de la femme musulmane, sans la conversion préalable à l'islam du mari étranger. Telles circulaires doivent après l'amendement de 2002 désormais être considérées anticonstitutionnelles, et ils ne peuvent pas en matière juridique envahir hiérarchiquement le terrain des accords et des conventions internationales qui consacrent la reconnaissance des libertés et des droits fondamentaux de l'homme.

M. Frattini, MM. Ministres homologues de l’Espace Schengen, je me sens en conséquence de ce que j’ai exposée ci-dessus dans la nécessité de solliciter par cette lettre ouverte Votre intervention pour que dans les relations bilatérales entre l'Italie et la Tunisie, entre tous les pays d’Europe et la Tunisie, comme dans les relations entre Europe et Maghreb soit objet de rappel et de discussion, au sein du Parlement Européen, le plein respect de la part du gouvernement tunisien de tels accords juridiques internationaux.

L'observance de la Convention de New York et de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme de la part du gouvernement tunisien pourrait se confirmer sans équivoques avec le complément utile d’une nouvelle circulaire sur la liberté religieuse et matrimoniale et surtout avec l'exclusion d'une bureaucratie islamisante qui se propose un fleuve de conversions très complaisantes, tant nuisibles à l'humanité qu’à la dignité religieuse elle-même.

Wednesday, August 05, 2009

LETTERA APERTA AL SIG. MINISTRO DEGLI ESTERI, ON. FRANCO FRATTINI

LETTERA AL SIG. MINISTRO DEGLI ESTERI, ON. FRANCO FRATTINI,
e ai Sign. Ministri omologhi de l’Unione Europea


Egregio Signor Ministro, Sign. Ministri omologhi de l’U.E.

in sede di comunicazione fra Cittadino e Stato, in qualità di cittadino italiano, mi permetto di portare attenzione su un problema personale che sento attualmente d’interesse collettivo. La mia esperienza di soggiorno in Tunisia, in questo paese del Nordafrica che ha l’onore di essere uno Stato di Diritto Constituzionale, mi pone di fronte a una situazione di inabissamento dei diritti di coscienza e di religione nella sfera della libertà matrimoniale. Diversi concittadini, per casi di cui sono a conoscenza, concittadini italiani e altri membri della Comunità Europea sono spinti e direi quasi costretti, sia per effetto di ignoranza giuridica che per la bassezza delle ricattanti pratiche amministrative, a piegarsi alla conversione ufficiale all’islam per ivi conseguire matrimonio e fondare una normale famiglia.

In effetti questa scelta personale di fondare una famiglia con una donna di nazionalità tunisina, che non solo ha liberamente accettato di vivere la diversità religiosa ma anche di avvicinarsi alle mie posizioni di fede, si scontra con una pratica amministrativa che, senza tenere conto dell’evoluzione giuridica in materia, sia in ambito delle relazioni internazionali che sul piano della riforma nazionale in Tunisia, continua ostinatamente, si direbbe ciecamente, a richiedere certificati di islamizzazione comme conditio-sine-qua-non al conseguimento dell’atto matrimoniale da parte dell’uomo straniero non musulmano.

La spinosa questione, che non puo’ considerarsi oggetto di discussione della sovranità di stato dal momento che interessa il diritto privato internazionale, il rispetto di convenzioni e accordi internazionali, nel caso della Tunisia diventa poi paradossale.

La Tunisia ha aderito alla Convenzione di New York del 10 dicembre 1962, riconoscendo il principio dell’uguaglianza dell’uomo e della donna, che viene compromesso da tali pratiche di discriminazione religiosa, limitando la libertà della donna di sposare liberamente un uomo di religione differente. Sotto questo aspetto, la Tunisia ha riconosciuto, con la riforma costituzionale approvata nel 2002, la “concezione globale e universale dei diritti dell’uomo”, art.5 della costituzione, primo paragrafo, tali quali emanano dalla Dichiarazione Universale del 1948, che il presidente Ben Ali ha celebrato, nel suo 60° anniversario, dicendo fra l’altro:

“sono questi principi che noi ci siamo preoccupati d’includere nella Costituzione tunisina, nel quadro di un approccio esauriente e coerente che consacri l’uguaglianza fra l’uomo e la donna, in un partenariato integrale ed equilibrato in tutti i campi della vita” (come riportato in francese dalla stampa ufficiale, La Presse, 13 dicembre 2008, p.4).

La Dichiarazione Universale dei Diritti dell’Uomo richiede notamente, attraverso gli articoli 16 e 18, il riconoscimento della libertà religiosa e della libertà matrimoniale. L’amministrazione tunisina non puo’ misconoscere tali impegni di civiltà, politici e sociali , né tantomeno contraddirli, dal momento che sono parte integrante del suo emendamento costituzionale, approvato con suffragio universale nel 2002. La diplomazia italiana, di cui Lei, On. Frattini, è a capo, nel mutuo interesse dei Sign. Ministri omologhi dello spazio Schengen, ha anche il compito di ricordare al nostro vicino che richiedere per mezzo di pratiche e circolari amministrative obsolete l’islamizzazione di nostri concittadini al fine di contrarre matrimonio in Tunisia è una violazione dei diritti dell’uomo come appare al tempo stesso essere una prassi anticostituzionale all’interno della giurisdizione tunisina.

La Corte d’Appello di Tunisi, rendendo un giudizio il 6 gennaio 2004 (affare n°120), convalidato dalla Corte di Cassazione il 20 dicembre 2004 (affare n° 3843), si è espressa contemplando fra l’altro quanto segue:

“ ...il legislatore tunisino non ha menzionato alcuna condizione relativa alla religione quale impedimento matrimoniale, negli articoli 5 e 14 del Codice di Statuto Personale, o quale impedimento successorale, in seno all’articolo 88”.

E ancora :
“Atteso che la garanzia della libertà religiosa in seno all’articolo 5 della Costituzione non è compatibile con la consacrazione dell’elemento religioso come impedimento matrimoniale o come impedimento successorale. La garanzia della libertà religiosa dovrebbe permettere a ciascuno d’esercitare liberamente la sua propria religione senza alcun timore per i propri diritti personali e pecuniari.
Atteso che l’integrazione dell’elemento religioso fra gli impedimenti contenuti negli articoli 5 e 88 del Codice di Statuto personale conduce a contraddire l’articolo 6 della Costituzione che garantisce l’uguaglianza fra i cittadini, cio’ che ha per conseguenza di creare delle categorie aventi diritti differenti, di accordare agli uomini la libertà di sposare delle non-musulmane, senza accordare questa stessa libertà alle donne, di attribuire a certi un’idoneità alla successione a ragione dell’identità religiosa..”

Mi permetto di protestare questa dicotomia e la grave contraddizione fra giurisprudenza e amministrazione in materia di libertà religiosa, perché molti italiani e cittadini europei vengono defraudati del diritto alla libertà matrimoniale, unitamente alla donne tunisine, di cui la Costituzione protegge i diritti, a causa della natura invalidante di due circolari, una emanante dal Ministero degli Interni e l’altra dal Ministero della Giustizia tunisini, e rispettivamente del 1962 e del 1973, che si rifanno a un’interpretazione obsoleta del Codice di Statuto Personale e vietano agli ufficiali di stato civile di redigere atti matrimoniali misti, nel caso della donna musulmana, senza la previa conversione all’islam del futuro marito. Tali circolari possono oramai considerarsi anticostituzionali, dopo l’emendamento del 2002, e non possono in materia giuridica gerarchicamente invadere il terreno degli accordi e delle convenzioni internazionali che consacrano la piena riconoscenza delle libertà e dei diritti fondamentali dell’uomo.

On. Frattini, Sign. Ministri dell’U.E., mi sento in conseguenza di quanto brevemente esposto nella necessità di sollicitare il Vostro intervento affinché nelle relazioni bilaterali fra Italia e Tunisia come nelle relazioni fra Europa e Maghreb sia oggetto di richiamo e di discussione, in seno al Parlamento Europeo, il pieno rispetto di tali accordi e norme giuridiche internazionali. L’ottemperanza alla Convenzione di New York e alla Dichiarazione Universale dei Diritti dell’Uomo da parte del governo tunisino potrebbe inequivocabilmente avverarsi con l’utile complemento di nuove circolari sulla libertà religiosa e matrimoniale e soprattutto con l’esclusione di una burocrazia islamizzante che si propone un fiume di conversioni tanto compiacenti quanto dannose all’umanità e alla stessa dignità religiosa.

Sunday, March 18, 2007

Le « dialogue islamo-chrétien »



Le « dialogue islamo-chrétien » :
débat sur le non sens, ou non sens du débat ?


(Une franche réponse aux thèses du Professeur Moussadaq Jlidi)


L’article du prof. Mussadaq Jlidi « Les fils d’Abraham et l’héritage du livre sacré », publié en ligne a été retiré du site du Groupe de Recherches Islamo Chrétien de Tunis ; on est donc exonéré à (lui) poser à nouveau la question que le titre même de l’article pose au préalable. « Des débuts différents à la fin égale ? ». A part la légitime curiosité de connaître les raisons de ce retrait, après le débat que j’avais essayé d’y entamer, il faut préciser que notre intérêt de l’examiner s’était généré du fait que ce papier fut présenté à la table ronde tenue à la Faculté de Théologie de Milan le 16 novembre, 2005 autour du sujet : « Les fils d’Abraham en confrontation sur le Livre : Idée et fonction des Écritures sacrées dans le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam ». Un thème fort passionnant pour le grand public en Occident, tout particulièrement après l’événement du 11 septembre 2001 et la série d’attentats, de violence et de confrontation militaire et idéologique qui s’est produite en suite entre les blocs de l’Occident et du monde islamique, au moins selon l’avis de Hungtinton. Il devient donc impossible de se reporter à l’article, que je n’ai pas l’intention de republier par respect des sentiments de M. Jlidi, et qui était organisé par une étroite vision idéologique de l’histoire du développement humain et scientifique, avec un fort pendant d’apologie islamique. Ce que nous pouvons finalement retenir donc, serait le fait que pour l’auteur le droit de participation à l’espace débat du site soit tributaire pour le non-musulman d’une 'jizya', d’une taxe intellectuelle pour toute différence d’opinion et de correction historico-culturelle de ce qui me semble, à bon droit, une distorsion des faits relatés comme scientifiquement ou philosophiquement contribuant à la louange programmatique des vertus cachés du Coran. Est-il utile de lui contrebattre que le débat a un sens, grâce à la différence d’opinion ? Car si les Chrétiens, les Juifs et tout religieux non-musulman ou encore un non religieux devraient partager et s’identifier avec la vision islamique de l’expérience religieuse, alors nous ne devons plus appeler cela un débat, mais une islamisation du public. Autrement dit, toute intervention dans l’espace du site doit faire preuve de la totale assimilation de cette louange, peine, a contrario, la censure. Et puisque le maître du site, avait jugé de m’accommoder le droit de réponse à l’accusation facile de haine et d’obscurantisme, selon la victimologie islamique à la mode, voila que le Prof. Jlidi trouve bon de (faire) retirer l’article. Evidemment, je demande pardon, que l’exposé du prof. Jlidi ne puisse pas être considéré que des sottises, ni moins majuscules, mais méritent une considération sérieuse et un détail plus généreux qu’une petite fenêtre de réponse sur le web. Je souligne que j’ai trouvé des excellents articles dans le site du Groupe des Recherches Islamo Chrétien et je ne cache pas que j’en avais trouvé un, par contre, assez médiocre, la sincérité restant à l’affiche des mes approches de recherche. Tout comme la passion d’étudier les coutumes, la culture, le comportement religieux des différents peuples du monde, dont le peuple arabe, qui ne font pas objet de mépris mais d’une relation missionnaire d’amour évangélique de ma part.

Pour que le contenu du débat ne soit pas dispersé, je réorganise ici mes points de vue, en répondant à des citations de l’article disparu de M. Jlidi. C’est lui qui en donne disposition, en disant : « … nous postulons que la révélation est un facteur de progrès. Mais puisque que nous sommes, en tant que musulmans, une nation qui est fière d’en avoir une, alors la question sera pour nous si la révélation a rempli sa fonction dans l’histoire, au niveau du progrès de l’espèce humaine et de l’autonomie de sa conscience, ou sommes-nous ici face à une contradiction aigue entre la révélation comme donnée idéale, mais réelle aussi, d’une part, et notre sous-développement d’autre part ? »
Cette question en suspens ne trouvait pas de réponse dans tout l’exposé, qui se tâchait par contre d’illustrer le chemin de la civilisation technicienne occidentale grâce, selon la vision de l’auteur, aux secrets contenu dans le Coran et oubliés dans la suite des siècles par les musulmans. Cette vision soutenue par un approche de type philosophique qui aurait attisé les flèches critique d’un penseur illuminé et inclassable comme Jacques Ellul, trouve beaucoup de contredits dans ma réponse. L’auteur semble ignorer l’apport du savoir cumulé sous le Ghassanides et Montanides, des royaumes indépendants au nord de la péninsule arabique sous influence chrétienne, où bien avant l’islam on avait élaboré les mathématiques et autres résultats de la recherche scientifique en sens expérimental. Le développement de la culture sous l’islam, n’est pas un fait immédiatement lié à sa parution historique. L’expansion de l’islam ne fut œuvre ni de mystiques, ni de prêcheurs et tant moins des savants venu du sein de la première communauté. Elle fut plutôt l’œuvre impitoyable de l’épée, surtout avec Abou Baker et Omar. Les savants, qui se trouvaient dans les territoires conquis, y échappèrent grâce aussi « au service rendu » et à leur arabisation. Les chercheurs et les historiens ont toujours indiqué comme base de départ (le mythique « age d’or »), le Califat Abbaside qui avait sa capital à Bagdad : c’est la période où la rencontre avec le grand développement culturel qui déjà existait dans cette région, et encore la civilisation persane, et ensuite indienne, réalisa des fruits remarquables. Mais ce qui est vicieusement apologétique est prétendre que tout cela soit un mérite direct de l’islam, alors que cela est un élément circonstanciel, pas la première cause. Par exemple le philosophe et savant Al-Farabi, d’origine persane, n’inscrivait pas ses idées philosophiques dans l’optique religieuse, au point qu’elles y contrastent. Al-Qwarizmi, mathématicien et astronome, qui a lié à jamais son nom à l’utilisation de l’algorithme est plus proche à la culture persano-babylonienne qu’à celle arabo-musulmane. Inventeur original des nouveaux procédés mathématiques et géométriques, il fut un lien entre les mathématiciens Hindous et le monde Occidental. Il en va de même d’Averroès en Espagne, qui fut admiré et traduit par les savants Juifs et Chrétiens, en apportant le modèle aristotélique d’un savoir universaliste, mais qui pour cela fut banni intellectuellement par les autorités musulmanes de son vivant. Plusieurs de ses livres de logique et métaphysique furent donnés aux flammes. Cela est sans doute le résultat du dogmatisme coranique qui régissait le pouvoir à son époque, sans que ces aspects d’intolérance aient disparu encore aujourd’hui dans des vastes régions du monde musulman. Tout au long de l’histoire de la civilisation islamique, on trouve l’aspiration à la libre recherche et les nombreux « procès à Galilée », qui semblent ne se limiter pas à une époque révolue. Ce n’est pas mon but de ternir la valeur intellectuelle des Arabes, de mettre en doute les apports des grandes personnalités émergeantes dans ce contexte de civilisation, mais de montrer les limites d’une exaltation dangereuse qui se prête au besoin idéologique du moment. Le fait plus indispensable à saisir est que la question initiale, posée par le Prof. Jlidi, retourne ponctuellement et s’amplifie par des questions ultérieures, introduites par moi personnellement. Pourquoi la découverte de ces présumés principes secrets de la science coranique, à partir de Ibn Khaldoun n’a pas bénéficié directement les sujets musulmans, mais elle devrait sa mesure de vérité dans la science développée dans le monde occidental, qui jusqu’au présent est considéré terre d’ « infidèles » ? Pourquoi la lecture et relectures du Coran de la part de musulmans ne fait pas prendre l’envol à la civilisation islamique, qui ne s’épanouirait pas sans l’apport technologique et scientifique de l’Occident ? Enfin pourquoi au contraire cette lecture coranique provoque tant de violence et de fondamentalisme, plutôt que d’intellectualisme et de pacification ?

Je cite utilement une remarque du collègue du prof. Jlidi, le Dr. Ennaïfer, co-fondateur du Groupe de Recherche Islamo Chrétienne : « Ce sont des ‘vérités’ que l’on peut cultiver dans l’environnement culturel, et accorder avec les sens du texte coranique. Ce point de vue ne prends pas en considération le fait que, pour combler le gouffre profond qui sépare le monde islamique des exigences scientifiques de son époque, il faut théoriquement procéder à une analyse méthodologique prenant en compte les facteurs qui empêchent le système culturel arabo-islamique de fonder une vision qui permette de renouveler la méthodologie dans le rapport au texte coranique (…) » (Dr. H’mida Ennaïfer, “Les Commentaires Coraniques Contemporains”, P.I.S.A.I., Rome 1998, p.56)

C’est en connaissance de cela, que dans ma première réponse je m’inquiétais du fait toujours plus fréquent de la part des prêcheurs islamiques de vouloir montrer la ‘bonté’ du Coran par l’illustration académique des prétendus ‘erreurs’ de la Bible, surtout que le Coran serait prouvé divin par sa fonction de manuel scientifique hermétique et insondable. Cela a causé la soudaine ‘conversion’ de plusieurs chercheurs occidentaux, sauf à voir l’intérêt économique de la publicité leur apportée par ce curieux événement. Comme j’avais écrit, c’est exactement cela en substance la dysenterie de fanfaronnades pleines de macro-erreurs de lecture biblique (et d’ignorance coranique) de Maurice Bucaille, ce médecin dentiste bien payé par les Al-Saouds pour « ses extractions livresques » (sans esprit critique) mises en publication dans La Bible, le Coran et la science. Texte bien présent dans les rayons de librairies de la Capital tunisienne. Et puisque chacun de nous que soit armé de bonne volonté peut faire confrontation avec ce que le Dr. William Campbell a écrit en réponse et correction dans « Le Coran et la Bible à la lumière de l’histoire et de la science », je m’épargne de faire les exemples plus clarifiants à propos. Malgré ce texte soit toujours absent des rayons de librairies de la Capital tunisienne.

Venons maintenant à la philosophie, c’est-à-dire à l’extrapolation hors contexte et purement utilitariste de la pensée de Lessing, opérée par le prof. Jlidi. Retenons le passage ici de son exposé : « Nous venons de voir, dit-il- avec Lessing que l’humanité est passée par une première étape qu’on peut qualifier de pré-réflexive ou intuitive, et que le Livre sacré correspondant à cette étape était la Tora (Livres de Moïse) et qu’après, elle a atteint un deuxième stade marqué surtout par l’éveil des émotions nobles : la piété, la charité, l’amour du voisin ...etc. Et ce, grâce à la mission accomplie par le Christ. Cette étape peut-être qualifiée de quasi-réflexive ou pré-opérationnelle. Convient-il alors, après avoir fini avec ces deux religions, de passer à travers et d’ignorer ou de négliger une parmi les trois grandes religions missionnaires, qui est l’Islam avec son Livre sacré le Coran ?! »

Le prof. Jlidi ose faire la leçon à Lessing, en lui reprochant de n’avoir pas indiqué le Coran comme troisième étape de l’évolution humaine ? Je me permettais alors de lui répondre que cela montrerait que il n’a pas bien compris Lessing et combien cet auteur était influencé par la mouvance intellectuelle allemande de son époque. Si la pensée de Kant et encore plus fortement celle de Gottfried Herder ont influencé cette oeuvre du Lessing, on peut en trouver ses limites dans le modèle adopté. En effet le concept de Volkgeist inspiré par Herder dans une tentative de lecture originale de la Bible (à commencer de la Genèse, comme histoire commune de l’humanité et signe marqueur de la volonté divine sur les peuples) a contribué à forger des mythes nationalistes germaniques qui se sont révélés en suite désastreux.

La pensée philosophique ne peut révéler le Bien absolu, à moins de ne la pas hisser au rang de prophétie et cela est très hasardé pour un croyant. Carl Gaspar Lavater admirait Moses Mendelssohn et il était convaincu de la parfaite intégration nationale et sociale du peuple juif, mais cela ne l’a pas empêché d’écrire son sage « Fragments de physionomie général » (1775-1778), en leur attribuant des caractéristiques physiques arbitraires qui ont contribué à la naissance du racisme moderne... et d’ailleurs au XVIII siècle il ne pouvait pas imaginer quelque chose de l’affaire Dreyfus, qui devait marquer un virage historique... (cfr. Riccardo Calimani, “Ebrei e pregiudizio : introduzione alla dinamica dell’odio” – Juifs et préjugé: introduction à la dynamique de la haine-Mondadori, septembre 2000, p.103-105).


Donc, pour répondre à la question, s’il convient de négliger ou ignorer l’islam dans ce contexte d’évolution de l’esprit humain en Occident, je dirais que bien sûr il ne convient pas l’ignorer, quant plutôt l’exclure, puisque le processus de recherche rationnelle ouvert au XVIII siècle n’est pas jailli des pages du Coran, mais d’un reconsidération philosophique de la liberté religieuse suite aux guerres internes de religion en Europe, déchirée entre catholiques et protestants, et par l’apport à ce point du judaïsme, qui avait développé isolement le libre débat exégétique avec le Talmud, et préparé avec Baruch Spinoza un nouvel instrument juridique du droit naturel. Or, par rapport aux guerres religieuses internes à l’islam, qui se produisirent déjà à trente ans écoulés de l’hijra avec la Grande Discorde, aucun mouvement philosophique de recomposition sociale assimilable à l’Illuminisme, s’y est jamais produit qui ait eu par conséquence la promotion de la tolérance laïque. Le cas isolé de la Turquie, acceptant finalement sous l’influence occidentale un statut de type laïque avec Mustapha Kemal, toujours blâmé par les islamistes, c’est produit avec grand souffrance et souvent avec des massacres des assujettis non musulmans de l’ancien empire Ottoman. Ce n’est pas gratuitement que l’historien Bat Ye’or ait parlé de « dhimmitude », pour y avoir consacré une profonde recherche et avoir dévoilé les éléments démagogiques de l’oubli historique qui menace cette réalité par pure convention politique. Il faut encore noter, que celles qui aujourd’hui sont appelés « minorités » non musulmanes, autrefois étaient des vastes majorités, décimées par une lente et parfois inexorable persécution, dont on a les reflets encore aujourd’hui avec la diaspora arménienne, pour faire qu’un seul exemple.

Le prof. Jlidi n’avait aucun droit de m’accuser de haine ou encore de moquerie à l’encontre de l’islam si je me rappelle des faits historiques, sous peine de ne passer lui-même comme quelqu’un qui prend en haine ou en moquerie la culture en soi.

Ce n’est pas catholique, ni trop musulman encore que le prof. Jlidi n’ait pas hésité à appliquer un raisonnement comparatif du procès historique de la conscience critique sur le charisme prophétique de Moïse, qui dépasse le commun de son temps. Il lui applique de la naïveté de questionnement (à propos du désir de voir Dieu qui lui est attribué dans le Coran), mais il se garde bien par contre de le faire avec Mahomet. Le désir de voir Dieu, qui n’est pas seulement dit dans le Coran, mais avant celui, dans la Thora (Exode 33 :20), est un désir commun à tout humain, et il est satisfait partiellement dans la Bible, avec le passage de la Nuée, signe mystérieux où Dieu se manifeste. Pour le Chrétien, signe de l’Esprit. « Le Seigneur descendit dans la Nuée, se tint là avec lui et Moïse proclama le Nom du ‘Seigneur’. Le Seigneur passa devant lui et proclama : ‘Le Seigneur’, le SEIGNEUR (YHWH) Dieu Miséricordieux et Bienveillant, lent à la colère, qui reste FIDELE à des milliers de générations, qui supporte la faute, la révolte et le péché, mais sans rien laisser passer, qui poursuit la fautes des pères chez les fils et les petits-fils sur trois et quatre générations » (Exode 34 :5). Moïse se prosterne et c’est ainsi le début de l’Alliance, scellée par l’écriture du Décalogue. Mais avant cela, il y avait la vision du Buisson en flammes dans Exode 3 :2. « L’Ange du Seigneur lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré. Moïse dit : ‘Je vais faire un détour pour voir cette grande vision : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas’ ». Le commentaire biblique nous explique que l’expression « Ange du Seigneur » dans l’Ancien Testament « indique d’une manière directe une intervention de Dieu Lui-même. » Du moment que le mot « ange », dans l’étymologie grecque aussi que dans le correspondant hébraïque, signifie « envoyé » ou « messager » de Dieu par excellence, les Chrétiens éclairés tout comme les Juifs Messianiques, comprennent que cette apparition est une manifestation du Messie, c’est-à-dire la Parole de Dieu -Yashoua’. L’Evangile de Jean nous dit que la Parole est Dieu (Jean 1 :1). Moïse entend la voix qui l’appelle. La voix est une manifestation : « Il dit : ‘Je suis le Dieu de ton père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob’ Moïse se voila la face, car il craignait de regarder Dieu » (Exode 3 :6). Le prof. Jlidi ne tint pas compte de cela, c’est-à-dire que Moïse agit d’abord avec crainte et respect devant Dieu. Et c’est Dieu qui le confirme par le respect donné, dans la confiance qui vient de Son Amour, manifesté maintenant au peuple d’Israël. « Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens et le faire monter de ce pays vers un bon et vaste pays.. Etc. ». Voila donc que par la vision du Buisson en flamme, Dieu se manifeste au tant que Dieu de Délivrance. Cela est une symbolicité qui s’échappe au prof. Jlidi ? Pour le Chrétien et le Juif Messianique il y a un trait d’union avec l’accomplissement de la venue du Messie, qui porte la flamme de l’Esprit dans sa nature (aussi) humaine. Dans le Messianisme judéo-chrétien, la Lumière-symbole de la Menorah, le candélabre qui est une représentation de la flamme de l’Esprit comme dans le miracle du Buisson, coïncide avec le Nom de Yashoua’ (Jésus), « Dieu de Délivrance ». Comme a fait remarquer Paul Ghenassia (dans le site de l’Assemblée Messianique Beth Yashua, une communauté évangélique de culture hébraïque), le Nom de Ieshoua' possède 7 "épis", ou 7 lumières (signes diacritiques) qui coïncident avec les 7 lumières de la Menorah. On ne peut pas le montrer par l’écriture en caractères latins. Mais pour celui qui lit l’hébreu, c’est l'évidence même pour le regard. Pour nous, l’accomplissement est fait : dans Mathieu 5 :17.

- Jésus dit : Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Tora ou les livres des prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir

Il ne faut pas donc équivoquer à l’infini, par l’insistance fanatique de certains musulmans, entre descente de l’Esprit de la Pentecôte et l’apparition historique de Mahomet. Lorsque le prof. Jlidi parle de « l’Achèvement du Cycle Prophétique, accompli par l’avènement de l’Islam, avec son Livre éclairant ... » et il se permet de traduire d’une façon assez trop originale le verset 40, sourate 33, avec les mots de « Messie de Dieu » référés à Mahomet...( !) Personnellement je trouve que cette traduction du mot « rasul-l-Allah » est bien censurable dans un espace de dialogue ‘islamo-chrétien’. Cette traduction est idéologique et tends à effacer une vérité profonde de notre foi chrétienne.


Le problème principal par rapport à la position de lecture évangélique de l’histoire de l’humanité à mon avis est que l’auteur pense et indique comme « paradigme de l’achèvement du cycle prophétique », dans ces mots, « celui de la sagesse humaine instaurée par l’homme lui-même », une idée qui est représentée dans un article successif (« Des conditions philosophiques d’un dialogue authentique », publié en ligne le 11 décembre 2006). Or cette idée philosophique est dangereuse si acceptée par le croyant parce qu’elle est contraire à tout le sens de l’Evangile (Lettre aux Galates 1:11-12) : la sagesse de l’homme est aveugle, elle provoque de retombés dans l’égotisme et dans l’immoralité qui se situent dans notre décadence spirituelle suite à l’effet du péché primordial de la rébellion de Adam (Lettre aux Romains : 1 :28-32). L’homme ne pourra jamais trouver la ‘vrai sagesse’ sans l’intervention supérieure de Dieu dans la vie individuelle de chacun de nous, par le moyen de l’Esprit Saint qui est gratuitement (« par Grâce ») accessible dans la foi en Jésus Christ ! (Lettre I aux Corinthiens 2 :10-16) L’idée d’un progrès humain, lié au « commencement à une échelle universelle, de l’âge de l’autonomie de la raison » est complètement dérapant, car elle envisage avec un optimisme spirituellement suicidaire une raison cognitive de type philosophique capable de condenser les apports de la Révélation biblique. Je vois comment M. Jlidi est attaché à la vision technicienne du monde, comment il croit (et cela est probablement une constante de l’envie de maîtrise technologique que le monde arabo-musulman jalouse du monde occidental par rapport à un complexe de sous-développement) au progrès en termes de civilisation technicienne, la même qu’un grand philosophe, théologien et théoricien Jacques Ellul a justement combattue. Comme a été justement mis en évidence par le journaliste de L'Express Christian Makarian, dans un article intitulé « Enquête sur le fanatisme » : « La plupart des régimes arabes, englués dans des schémas marxistes révolus, ont privilégié les techniques et réprimé les sciences humaines. Or Bernard Lewis comme Gilles Kepel ont déjà judicieusement noté combien les milieux intégristes fourmillaient de techniciens et d'ingénieurs. Les auteurs des attentats de New York et de Washington étaient des techniciens... » On touche ici à un thème central de la pensée de Ellul, dans la présentation de Patrick Troude-Chastenet (Professeur de science politique à l'Université de Poitiers) que « la technique, c'est à dire la recherche du moyen absolument le plus efficace dans tous les domaines, constitue la clé de notre modernité. En substance, l'homme croit se servir de la Technique et c'est lui qui la sert.(…) Nous vivons non pas dans une société post-industrielle mais dans une société technicienne. La « société technicienne» - celle dans laquelle un système technicien est installé- tend de plus en plus à se confondre avec le «système technicien »: produit de la conjonction du phénomène technique (caractérisé par l'autonomie, l'unicité ou l'insécabilité, l'universalité et la totalisation) et du progrès technique (défini par l'auto-accroissement, l'automatisme, la progression causale et l'ambivalence). Mais il faut préciser que la première n'est pas réductible au second, et qu'il existe des tensions entre les deux. Le système technicien est à la société technicienne ce que le « cancer » est à l'organisme humain. » (Extraits de l’article « Ellul l’inclassable »). Car, au contraire du modèle assumé par M. Jlidi, cet âge de l’autonomie de la raison a produit les monstruosités de deux guerres mondiales, les totalitarismes et l’athéisme destructif du sens de l’existence, la recherche au niveau de géopolitique d’armes nucléaires qui menacent l’humanité entière, l’industrialisation massive et l’aliénation de consomme, le cynisme individualiste, l’explosion des toxicodépendances et de la prostitution, la marginalisation et la pauvreté à des niveaux jamais vus auparavant. En autres termes, selon le sens avéré de l’Evangile, cet âge de la raison coïncide avec la Fin des temps indiqué par les prophéties bibliques, et elle n’est nullement à confondre avec un facteur de progrès de la conscience humaine !


Le Prof. Jlidi ne devrait pas être fier de ce que pour lui est l’apport de l’islam dans le développement de cette ‘raison cognitive’, qui se développe par l’esprit de lecture du Coran, malgré toute la publicité donné à cet aperçu par des penseurs occidentaux, qui n’ont pas voulu considérer la prééminence du message existentiel de l’amour comme condition essentielle du dialogue de Dieu avec l’Homme.

Voyons mieux, par exemple, comment le "cycle prophétique terminé par Mahomet" c’est illustré en Inde, un pays isolé dans le culte naturiste et polythéiste, loin des manœuvres du pouvoir en Europe ou en Occident. Pour parler du sub-continent indien en termes d’apport culturel, il y aurait plein d’informations orthodoxes à opposer à la célébration rhétorique de la « sagesse islamique » et l’évolution des sciences en Occident. Avant l’invasion islamique, l’Inde était une des plus grandes civilisations du monde. L’Hindoustan au X siècle florissait culturellement dans les domaines de la philosophie, des mathématiques et des sciences naturelles. Ce sont les mathématiciens Indiens qui ont découvert la chiffre zéro, pour ne pas mentionner l’algèbre, qui transmise en suite aux Arabes en a pris le nom comme méthode mathématique de même qu’eux en ont reçu la gloire en Occident. Avant l’invasion musulmane qui commença au VIII siècle, l’art sculptural en Inde était vigoureuse et sensuellement étonnante, tout d’ensemble avec l’architecture richement ornée et quasiment féerique. Toutes ces réalisations étaient spécifiquement indigènes et non le résultat d’un apport islamique sur une civilisation préexistante. Comme les historiens ont rapporté, à partir de l’année 712, les razzias islamiques, sous la commande de Muhammad Qasim, détruisirent les temples, écrasèrent les statues, saccagèrent les palais, tuèrent un grand nombre de personnes par là où leur avancée progressait, au point qu’il fallu trois jours entiers pour massacrer les habitants de la ville de Derbal, d’où les enfants et les femmes furent pris en esclavage et en partie dans les harems. (Voir l’article du Dr. Serge Trefkevic, « Islam’s Other Victim : India », Front Page Magazine, 18 novembre 2002- dont je reprends en français des passages). Ce ne furent que les exordes d’une catastrophe humanitaire d’immense proportion, car après que les premières hordes sauvages eurent pris possession des ces terres, l’ « achèvement du cycle prophétique » dont nous parle le prof. Jlidi, ne laissa pas le temps à Muhammad Qasim de mieux discipliner sa glorieuse armée– qui à différence des bandes rebelles des Croisés en Terre Sainte- n’avaient pas oublié leurs principes ‘religieux’. En effet, le gouverneur de la province de l’Iraq, Hajjaj ne manqua de leur rappeler le devoir, en recommandant de ne pas montrer de pitié. « Allah le tout grand dit (surate 47 :4) : ‘Quand vous rencontrer ceux qui ont mécru, frappez-en les cous..’ … pour cela ne donne aucun pardon aux ennemis et n’épargnes aucun d’entre eux, autrement ils te considèreront un homme faible » -c’est ainsi qu’Hajjaj instruit le commandant Qasim. L’obéissance impitoyable de Qasim et des ses hommes fut montrée avec leur prise de la ville de Brahminabad, avec le massacre d’un nombre entre 6000 et 16000 hindous. Au début du XI siècle une nouvelle vague de violence se déclencha en Inde par l’arrivée de Mahmoud al-Ghazni, archivée dans les annales de l’histoire islamique par le savant Albérouni, que Mahmoud avait ramené en Inde. « Il passa à travers l’Inde comme une furie, détruisant, saccageant et massacrant. (…) Mahmoud, ainsi rapporte Albérouni- presque ruina la prospérité du pays, et accompli des merveilleux exploits belliqueux, par lesquels les Hindous devinrent tels des atomes de poussière jetés en toutes directions et tel un conte dans la bouche du peuple. Les restes éparpillés cultivent naturellement l’aversion la plus invétérée à l’encontre des musulmans ». De cela au moins nous donnons à Albérouni plein crédit. N’oublions pas la « contribution au savoir » que Muhammad Khilji a fait au nom de l’islam en massacrant la pacifique communauté bouddhiste de l’Inde en 1193 et en brûlant leur célèbre bibliothèque, suite à la destruction de leur centre communautaire de Bihâr en provoquant ainsi leur dispersion au Népal et au Tibet. On peut observer que le Calife Omar avait déjà donné l’exemple en faisant brûler la bibliothèque d’Alexandrie, la plus ancienne et célèbre du monde helléniste. Les sources historiographiques en illustrent la philosophie : « Tout ce qui est là, si est bon, est déjà dans le Coran ; si non, ne peut pas être quelque chose de bon ». Donc, le feu, comme pour les Bouddhistes de l’Inde. La partie rechapée à cette dévastation vers le Turkestan en ouest, trouvera persécution systématique et crises démographiques dues aux destructions par les conquérants musulmans, jusqu’à la dernière contribution de la « science islamique » des Talibans à l’humanité, c’est-à-dire la destruction complète des quatre statues géantes de Bouddha en Afghanistan en mars 2001. Ce n’est pas du fanatisme récent, prof. Jlidi : n’est-il pas au contraire le résultat systématique de la recherche du vrai par les peuples éclairés à la lumière du Coran, le long de l’histoire ? Si non, pourquoi la ville sacrée à Krishna, Mathura, dont le temple a été estimé par le sultan conquérant Mahmoud une oeuvre de deux cent ans de travail et riche de cinq statues en or roux, aurait été sauvagement brûlé en y versant du bitume ? Pourquoi Varanasi, Ujjain, Mahershwar, Jwalamucki, Dwarka, toutes des villes splendides de l’ancienne Inde, eurent leurs trésors ravagés et détruits, en total mépris de ce que la culture des « mushrikûn », des idolâtres à abattre et convertir par force selon le Coran, avait -sans l’islam- merveilleusement réalisé ? Encore, les arabo-musulmans, éclaireurs du monde selon Jlidi, laissèrent une contribution toponymiste remarquable en Inde, la région montagneuse nord occidentale de l’Hindou Kusch, terme traduit par « massacre des Hindous », un souvenir du transport des esclaves Hindous à travers les dures montagnes afghanes vers les cours musulmanes de l’Asie centrale. Et aussi le souvenir du massacre de Somnath, lieu d’un temple où 50000 Hindous furent horriblement massacrés par ordre du sultan Mahmoud.
Le grand historien Will Durant, a lamenté dans son livre « Histoire de la Civilisation » les résultats de ce qu’il a défini « l’histoire plus sanglante dans l’Histoire ». La liste des gouvernants musulmans qui se succédèrent dans l’histoire en Inde est longue et ponctuellement tachée de sang. Par exemple, Firuz Shah, gouverneur de l’Inde à partir de l’année 1351, une fois surprit un village où se déroulait un festival religieux hindou et ordonna d’exécuter tous les présents. L’empereur Mogol Akbar fut considéré assez tolérant, en accord avec les standards des Musulmans d’Inde : dans son long royaume (1542-1605) il y eu seulement un massacre de 30000 prisonniers Hindous le 24 février 1568, après la bataille de Chitod. Devenu en suite assoiffé d’adoration personnelle, Akbar se fit plus indulgent avec les non Musulmans, adopta des rituels et des fêtes zoroastriennes, se déclara infaillible dans la religion et termina en visible apostasie. Le cinquième empereur Mogol, Shah Jahan (1593-1666) neveu d’Akbar, retourna au credo orthodoxe et fit construire le Taj Mahal, le palais royal sûrement admiré par le prof. Jlidi et par beaucoup d’occidentaux, ces derniers en grande partie ignares de l’extrême cruauté de Shah Jahan dans ses quarante huit campagnes militaires contre les non-musulmans en moins de trente ans. Epaulé par les Ottomans, il prit le pouvoir en 1628 en assassinant tous ses membres de famille de sexe masculin, à l’exception d’un qui se réfugia en Perse. L’empereur se vantait d’avoir un harem avec 5000 concubines, mais malgré cela il ne su pas s’empêcher d’avoir de relations incestueuses avec deux de ses filles, Chamani et Jahanara. Pendant son royaume dans la seule ville de Bénarès, bien soixante seize temples hindouistes fuirent détruits, tout comme des églises chrétiennes à Agra et Lahore. Au siège de Hugh, une enclave portugaise de Calcutta, qui dura trois mois, il fit périr environ dix mille habitants, déchirés par les explosions, noyés ou brûlés vivants. Quatre mille réchappés à Agra furent mis devant le choix de l’islam ou la mort. La plus part choisi la mort, mais les femmes furent envoyées aux harems.


Finalement, prof. Jlidi, permettez cette question : pourquoi la « grandeur » politique et le « prestige » dans l’histoire pour les musulmans sont toujours associé à la tyrannie, au culte de soi-même, et à la cruauté la plus farouche ? (Dernier exemple, Saddam Husayn : un héros pour le monde arabe. Triste note pour quelqu’un comme moi qui est contraire à la peine de mort, considérant à la lumière de l’Evangile, qu’elle doit être symbolisée par l’exclusion à vie de la société. Mais je sais qu’aucun tribunal islamique ne partagera cette vue.)


Ces massacres perpétrés par les musulmans en Inde n’ont pas de parallèle dans l’histoire, comme nous fait noter le Dr. Serge Trifkovic, qui a travaillé professionnellement avec la BBC, le Washington Post, le Times de Londres et autres journaux de prestige. Il nous dit aussi que pendant la période coloniale britannique, les anglais, pour poursuivre leur politique de division du pays, ‘blanchirent’ aux yeux des Occidentaux et dans la presse coloniale le triste record de mort provoqué par les musulmans en Inde, pour que par cette bienveillance puissent utiliser les mêmes contre la masse des hindous à administrer. Gandhi et Nehru tombèrent également d’accord, dans le but de gagner l’indépendance du pays. Cette façade tomba au lendemain de l’indépendance, lorsque la violence religieuse fit des millions de victimes. Pour la joie de ceux comme Iqbal déterminés à tout coût de voir la naissance du Pakistan, bien que le grand effort de sortir de l’ère coloniale fut mérite du pacifiste Gandhi. Aujourd’hui les citoyens de Calcutta, New Delhi, Bombay et Bangalore, les grandes villes de la démocratique Inde, doivent vivre dans la crainte constante d’un déploiement militaire, ou d’un putsch- connu par des tentatives échouées contre le Parlement Indien- du Pakistan, pourvu de l’arme atomique mais pas de la démocratie, mot inutilement inscrit dans sa constitution. Un pays, le Pakistan, où les Chrétiens vient continuellement dans la crainte d’être accusés de diffamer le fière prophète de l’islam, que cela soit une opinion arrivée réellement aux oreilles d’un musulman ou non, avec la conséquence inexorable d’être condamné à mort par l’article 295c du code pénal, malgré toute demande d’excuses ou déni. Un Pays, où une simple fouille policière suite au ‘crime immense’ d’une page de Coran trouvée déchirée (par qui, on le sait pas), a causé en 1996 la destruction d’un village chrétien, Shanti Nagar, entièrement brûlé par la foule musulmane, tandis que quatorze églises de la région méridionale du Pendjab était attaqués et vandalisées. Dans ces mêmes années, que se passait-il aussi en Egypte (rappelons le massacre d’al-Kosheh), au Soudan, ailleurs dans le monde musulman et en Europe (attentat au métro de Paris) ? Ne dites pas donc que l’Inde est un cas à part. C’est un cas bien mémorable de ce qui sont hélas des contributions bien visibles, à travers tout l’arc de l’histoire, que l’islam a donné à la civilisation… Bien que, je suis d’accord, ne soit pas tout mérite du philosophe Iqbal. Quand d’Iqbal on retourne à la Bible, c’est le moment pour notre professeur d’accrocher l’argument de la « succession » (bien évidemment hiérarchique selon l’islam) des phases de la pensée avec les « phases prophétiques ». M. Jlidi avait écrit en effet : « Du point de vue moral, Dieu s’est prononcé aux Israélites d’une position impérative catégorique ; tout comme on s’adresse à un enfant qui est encore au stade du réalisme moral, pour le menacer de châtiments corporels au cas où il commet des bêtises : le respect inconditionné de la règle morale sans chercher à comprendre les raisons profondes qui poussent à l’adopter ... »

NON, la Tora n’est pas faite de ce seul aspect. J’ai le droit, prof. Jlidi, de faire gaffe à ce point critique et de manifester le dissentiment du croyant judéo-chrétien ? Comme le Prof .Roger Arnaldez, l’illustre exégète et linguiste tant aimé par Taha Husayn, a toujours souligné : le « Cœur », c'est-à-dire l’Amour inconditionné de Dieu est au centre de l’Alliance, depuis Abraham par Moise et par tous les livres prophétiques de l’Ancien Testament ! Ce serait trop de citer tous les passages, il faut que le prof. Jlidi lise une fois la Bible avec un œil honnête ! Ce n’est par pour rien que le peuple Juif appelle Dieu « Père » comme signe de son Amour et appartenance dans l’Amour, au contraire du Coran... que par contre Jlidi ne semble pas connaître (ou nous faire connaître) aussi bien, puisque à propos de position impérative catégorique et menaces de châtiments corporels on aurait trop de versets à citer. Si cette relation d’impératif catégorique appartient au premier stade de l’humanité, avec le Coran nous y sommes retournés définitivement, car où se placeront les versets X : 4 ; X : 26 ; XIV : 16-17 ; V : 33 ; XVIII : 29 ; IV : 56 ; XXIII : 104 ; XXVII : 21 ; XXXVI : 8 ; etc. etc. ? Il ne s’agit pas de se moquer du Coran si on reporte un petit exemple, tiré de la Sourate al-Haqq , les versets 32-37, qui parlent de la punition infernale (ce n’est pas du réalisme morale ?) dans ce sens selon la traduction du Pr. Salah Eddine Kechrid, édition populaire en Tunisie de cet émérite docteur de la Zitouna : « Puis ligotez-le avec une chaîne longue de soixante-dix coudées / Il ne croyait pas à Allah Le Très-grand (la youminou bil-Allah al-A’thimi) / Il n’incitait pas à nourrir le miséreux / Il n’a aujourd’hui ici aucun ami pour le protéger / Il n’a pour manger que du sang et du pus /Seuls les fautifs en mangent / etc.. ». Donc dans quel stade de l’humanité nous nous trouvons ici, par rapport à l’Evangile ... ? Jésus dévoile par contre le fait central que la Miséricorde de Dieu est au cœur de la Tora. Jésus dit : donne ton cœur à Dieu, et tu seras sauvé ! Les ammonisations de Jésus à ceux qui connaissent la Loi de Moïse, mais veulent s’enfuir du devoir d’aimer Dieu et notre prochain, malgré leur tort évident, ne sont jamais des menaces. Il n’y a rien de plus rationnellement éclairant qu’écouter la voix de l’Amour, le Véritable chemin de la Paix, qui est l’appel de Jésus !

En soulignant la différence, j’espère de contribuer à la connaissance de notre Livre Saint, la Bible, pour tout Musulman d’aujourd’hui qui ne se sent pas raisonnablement condamné par sa lecture, tout comme chaque Musulman se tâche de nous faire connaître la valeur de certaines versets coraniques, que nous ne refusons certes d’examiner. Je reviens ici même à l’esprit de la « Charte du Groupe des Recherches Islamo-Chrétien », qui dit : « … le Musulman n’a pas à exiger du Chrétien qu’il reconnaisse le Coran comme la révélation ultime de la Parole de Dieu et Muhammad comme le sceau des prophètes. (Par. 2) C’est pourquoi nous récusons toute forme de syncrétisme qui tendrait à occulter les différences essentielles entre nos religions. Notre but n’est pas de supprimer ces différences, ni de les minimiser ou de faire silence sur elles… (par.3) » (dans ORIENTATIONS GENERALES POUR UN DIALOGUE EN VERITE).

Monday, November 27, 2006

Roméo et Juliette en Tunisie




 

Roméo et Juliette en T

POURQUOI L'URGENCE D'UNE RÉFLEXION?

La violence suicidaire et l’irruption du terrorisme islamiste contre le modèle démocratique occidental ou européen est facilité si non préparé par le sommeil et l’indifférence religieuse des responsables et décisionnaires d’une Europe qui prône les libertés et les droits de l’homme, mais est moralement incapable de réfléchir et de se fonder sur ses valeurs spirituelles.

Une Europe qui saurait défendre la liberté de l’amour et de la mixité, mais seulement à son propre détriment. Qui serait capable d’adopter toutes les différences (d’ethnie, de religion, d’opinion etc.), mais ne serait pas capable de se faire adopter par une différence substantielle: de civilisation fondée sur la tolérance, la paix et la liberté, comme étant l’apport du texte biblique et du message fondamental du christianisme.

Perdue donc l’occasion pour un « mea culpa » moral devant sa propre Constitution, l’Europe d’aujourd’hui ne se condamne pas simplement à la décadence, mais signe véritablement l’acte moral de sa future disparition devant les « exigences » économiques de la globalisation.

Des espaces urbains entourés des témoignages prestigieux du passé, dont ses politiciens veulent ignorer la portée philosophique en se montrant tels des gorilles du pouvoir industriel. Des frontières géographiques devenues désormais les périmètres du déploiement policier et militaire pour rassurer la vie en péril de ses citoyens, évidemment mal réveillés du sommeils de leurs consciences (..religieuses ? ) par l’éclatement des bombes terroristes: «Le pire, pour nous, doit encore arriver»- disait Fallaci et disait vrai. Simplement parce qu'elle le disait avant encore de voir les carnages de Madrid, d'Istanbul, de Kinshasa, de l'école russe de Beslan opéré par les commandos des fondamentalistes tchétchènes, de Tâba dans le Sinaï en 2004, de Charm El Cheick, de Dahab les deux années suivantes, de Bombay en 2008, et des ceux que nous ne pouvons pas toujours éviter, tel l'horrible attentat qui les a précédé à Londres.[1]

«D'ailleurs, la collision entre nous et eux n'est pas militaire.- ainsi écrit Fallaci- Elle est culturelle, intellectuelle, religieuse, morale, politique. (La collision qui existe et doit exister entre les pays démocratiques et les pays tyranniques.) Et nos victoires militaires ne résoudront pas l'offensive de leur sinistre belligérance. Au contraire, elles l'encouragent. Elles l'enveniment, l'exacerbent. » [2]

La constatation est amère et ainsi l’autre question fâcheuse : l’Occident peut vraiment devenir une «province de l’Islam» ?   

Ma question, en reconnaissance de cette dénonciation sans voile, se différencie en substance : au nom de qui et de quelle religion ou humanité les leaders européens ont pu par exemple faire demande de grâce pour l’ancien dictateur d’Iraq Saddam Hussein devant le tribunal qui l’a sacrifié à la scène médiatique ? Si le Président français Chirac ou le Chancelier allemand Schröder ont voulu prôner clémence sur les décisions d’une court de justice irakienne, comment le faire, en oubliant de témoigner la valeur universelle de l’humanité du Christ ? Si rien leur aurait mieux appris la valeur du Pardon et de la vie humaine, pourquoi enfin l’oublier au moment de définir le texte de la Constitution Européenne ?  

Ainsi l’histoire que je pose à sujet de réflexion, celle d’Iman qui me touche directement et, comme pour tous les autres à partir du cas de Hina Saleem, le problème que fondamentalement son cas indique à nos consciences, n’est pas une question plus délicate mais aussi pas d’un deuxième ordre d’importance, malgré les apparences. Le droit de vivre ou de condamner à mort, comme le droit à l’amour et au mariage ont philosophiquement le même ordre d’importance et socialement un rôle également vaste et fondamental. Nous voyons en effet ici où et comment les deux blocs, l’Occident ou l’Europe et le monde de l’islam, s’opposent.

[1] Le 7 juillet 2005. Voir les amples reportages de presse de ce jour et les suivants, encore plus frappant par le fait que l’événement tragique venait à offusquer à toujours l’exaltation populaire pour l’assignation des jeux olympiques et le déroulement pacifique de la réunion du G8 en Ecosse.
[2] La rage et L’Orgueil, Ed. Plon, p.60 et suivants, extraits publiés en ligne.
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Aujourd’hui  je veux exprimer mes dernières considérations sur la malheureuse relation qui m’a vu engagé avec cette jeune fille tunisienne, condamnée à porter douloureusement la marque d’une maladie psychique. Sous le coup d'une crise morale et psychologique due au divorce de ses parents, en mai 2002, lorsqu'elle se trouvait dans la Cathédrale de Tunis, elle fait une rencontre qui change sa vie.  C'est la rencontre d'un homme qui ne s'arrête pas au constat d'une situation douloureuse, mais qui désire vraiment l’aider.  Au delà de tout préjugé, il sait voir le désir profond de libération qui est en elle.  Quant à elle, son envie est de fuir avec lui son enfermement social et de compenser une vie sentimentale sans issue apparente. Mais de plus en plus anxieuse et psychologiquement incertaine, après quelques mois passés loin de sa famille, vivant un rapport énigmatique avec son aimé, elle s'est sentie très déprimée.  Dans la difficulté d'entériner un acte de mariage entre un étranger chrétien et une femme musulmane, soit elle « nouvellement-née» à la foi chrétienne, la seule solution est de s'exiler à l'étranger. Mais Iman, ne pouvait pas facilement obtenir son passeport pour partir et en même temps elle ne pouvait pas se désengager d’un véritable conflit émotif avec sa famille. Lors d'un soudain retour à son foyer, elle y trouve une atmosphère très hostile. Peut-être elle imaginait que sa quête de liberté finirait par être acceptée.  Résultat tragique des inévitables tensions familiales : son enfermement dans l'asile psychiatrique.
La mère, qui travaille dans un service public d'aide social, avait facilement manœuvrée la commission médicale étatique qui l'a déclarée comme étant un cas de handicap. Elle a ainsi retirée totalement à la jeune fille son indépendance et décision individuelle en réclamant la mise sous tutelle. Une décision pourtant pas assez justifiée sur le plan médical quand plutôt sur le plan d’une intégration socio-religieuse forcée. Aucune jeune fille, de n’importe quelle nationalité ou religion, ne mérite d'être considérée et traitée en tant que psychologiquement aliénée sous prétexte qu'elle a décidé d'épouser un homme d’une confession différente et qu’elle-même a adoptée, comme Iman, évidemment condamnée pour avoir rejeté un code non plus seulement religieux, mais tribal. Elle est ainsi punie par son milieu familial de n’avoir pas voulu rester dans un rôle soumis de jeune fille musulmane. Tout comme cette jeune fille de 21 ans de parents pakistanais et résidante en Italie, Hina Saleem, dont la mort atroce a déferlé la chronique et révulsé les italiens, on a un dur prix à payer pour aimer avec un cœur libre. Hina avec sa vie, par son martyr après menaces et violences de la part de sa famille, Iman avec sa réclusion sous accusation d’infirmité mentale.

« La mort atroce de Hina Saleem – écrit dans une lettre ouverte Maura Ruggeri, conseilleur aux politiques sociales dans la commune de Cremona – (..) tuée par les mâles de famille pour avoir refusé de se soumettre à des lois cruelles qui déniait sa liberté, son droit à choisir la personne avec la quelle vivre ensemble, ne peut pas nous laisser indifférents. Ce crime nous regarde, il regarde notre Pays, nous ne pouvons pas nous contenter de l’explication sociologique qui le reconduit à l’obscurantisme d’une culture patriarcale et masculine qui présuppose la domination absolue de l’homme sur la femme et enlever notre regard. La construction d’une société multiculturelle ouvre des processus et provoque des conflits qui voient au centre les deuxièmes générations et surtout les jeunes filles, qui sont les sujets plus faibles, souvent en subissent les conséquences dans la solitude et dans l’indifférence générale. »

Victime du vice probablement plus radical de la société islamique, l’hypocrisie, Iman aussi doit porter le masque de l’acceptation d’un code social qui ne doit pas se discuter. Un code qui torture, en recouvrant les plaies des péchés humains et du danger moral d’une société qui ne sait pas reconnaître les sources du mal qui la mine : indifférence humaine et autoritarisme. Son jeune oncle, affligé par la détresse et le désespoir de sa situation psychologique, s'efforça d'aider Iman à obtenir une chance de se marier civilement à l’étranger, mais inutilement. Malgré l'évidence d’un amour partagé, rien encore n’a pu convaincre la mère, qui n'aurait accepté le mariage - chantage typique, absurde et inacceptable de nos jours - qu'à la seule condition que le futur mari renie le christianisme et devienne musulman. Aujourd’hui, si Iman est retournée à son foyer divisé, elle a aussi perdu à jamais le courage de s’opposer aux décisions unilatérales dictées par les intérêts immédiats de sa mère. Sans aucun pouvoir, ni économique ni tant moins moral, d’être maître de son avenir et de ses aspirations, elle a été sommée d’oublier son histoire amoureuse, de supprimer son droit à l’expression d’une mémoire douloureuse de séparation. Après le choc médiatique de l’assassinat brutal de la jeune Hina, en Italie, c'est inévitable de se questionner sur combien de femmes, particulièrement dans le monde musulman, sont aujourd’hui condamnées au même destin de retranchement et de silence. Qui aurait jamais le droit d’enchaîner leurs cœurs et de faire de l’amour, soit il le plus pur et désintéressé, un interdit ?

« Laisse ton copain ou je te tue» [1] - ainsi crie Mohammed Saleem, un musulman intégriste à sa fille Hina dans la dernière altercation. Il l'avouât si tranquillement devant les policiers, sans manifester le moindre repentir, tandis que son avocat commentait «Mon client est animé par de profondes convictions religieuses. Il suit scrupuleusement le Coran». [2] Elle avait 21 ans, un air mutin, un joli sourire sur les lèvres. Les photos parues dans la presse la représentent vêtue d'une robe blanche d'été, les bras nus. Hina a été égorgée à Sarezzo (Brescia) le 14 août 2006 par son père musulman à l'issue d'un conseil de famille : «Je ne voulais pas qu'elle devienne comme les autres», a commenté l'assassin.[3]

Il y a quelque chose de tordu dans cela, de dangereusement fou plus encore que faux et -ce qui est encore plus grave- d’insupportablement opposé à la liberté. Et j’ajoute, à la liberté et à l’amour. Car le vrai amour est toujours libre. Et l'islam ose affirmer tout à fait le contraire encore aujourd'hui.

© Nino Mucci. Novembre 2006. (Extrait d'un projet de livre)



[1] L'ultima lite: «Lascia il tuo ragazzo o ti ammazzo » - La Repubblica on line, cronaca, 15 août 2006[2] Voir "Le Figaro" du 17 août 2006,"Le meurtre d'une Pakistanaise secoue les Italiens", de Richard Heuzé.[3] Le Figaro, id., les mots en italique sont pris ex texto.

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