Monday, May 05, 2014

UNION EUROPÉENNE : UNE DOUBLE MESURE EN UKRAINE

UNION EUROPÉENNE : UNE DOUBLE MESURE EN UKRAINE POUR UNE NOUVELLE GUERRE MONDIALE ? 

Odessa, le 2 mai 2014: incendie meurtrier au Palais du Commerce, photo Reuters/Yevgeny Volokin

L’Ukraine est gravement déstabilisée après les émeutes de Kiev en février 2014, qui ont vu l’entrée en scène de la mort, d’un véritable massacre, dus à des assassins snipers tirant sur la foule des civils en cortège de protestation et sur les policiers censés de retenir leurs dérapages.  Ce dossier brûlant met en cause des acteurs secrets qui n’étaient pas du coté du Président Viktor Ianoukovitch, obligé à se sauver en Crimée puis en Russie après des tentatives d’attentats et des menaces de mort  dues aux radicaux armés à l’assaut des institutions et des postes clés [1]Le scénario extrêmement violent et survolté, qui a porté mort, incendie et saccage dans une belle ville comme Kiev, ne peut être inspiré par un idéal démocratique comme affirme la presse partisane,  mais  montre qu’il s’agit d’une insurrection orchestrée en vue d’un coup d’Etat planifié dans les moindres détails, dont on s’interroge sur les mécanismes et les commanditaires.  Urmas Paet, ministre des Affaires étrangères d'Estonie dans une conversation téléphonique avec Catherine Ashton,   haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, mentionne dans son enregistrement fuité les preuves qu'il a vues, témoignant que les mêmes snipers avaient tiré sur les manifestants et les membres des organes sécuritaires. Il dit clairement selon le verbatim [2] : « Il devient plus clair que derrière ces snipers il y a quelqu'un de la coalition nouvelle et non pas Ianoukovitch ». Cet enregistrement a été confirmé par le ministère estonien des Affaires étrangères et est devenu de domaine public par sa diffusion sur Internet [3].  Edgar Morin, le sociologue accrédité par le journal Le Monde à entrer dans la polémique, et redorer par un article très médiocre les façades brûlées à Kiev par les néo-nazis qu’il défend, semble avoir étrangement oublié les morts ou d’exercer une autocensure stalinienne là-dessus. Il n’oublie pourtant pas de faire le lien avec les événements de place Tahrir au Caire, où dès premiers jours des tracts appelant à la révolte étaient pourtant distribués par des étrangers anglophones, comme des journalistes on remarqué.
 L’affaire des snipers, et du massacre qu’ils sont causé, n’est pas accessoire à une révolte, elle est l’élément de sabotage commun présent en Tunisie, en janvier 2011, comme aussi en Libye un mois après à partir de Benghazi, puis en Syrie un peu plus tard, et encore en Egypte.  Un véritable commando aurait-il se déplacé pour chacune de ces circonstances sanglantes et troubles qui ont favori l’éclatement sécuritaire et porté en avant des acteurs insurrectionnels très dangereux car liés au terrorisme international, de matrice islamiste ou –dans le cas de l’Ukraine– d’idéologie néo-nazie ? Difficile de l’établir, car il faudrait une analyse comparée des munitions employées dans ces massacres par une expertise balistique appropriée et appuyée par une commission internationale d’enquête.  Ce que nous devons retenir c’est que le gouvernement « révolutionnaire » putschiste de Kiev refuse une procédure judiciaire et une enquête approfondie de ces crimes, et c’est extrêmement grave que l’Union Européenne et les USA ne la réclament  non plus  …  

Je reprendrai, avec reconnaissance, le courageux décryptage du journaliste Mikhail Gamandiy-Egorov, et de la rédaction de La Voix de la Russie, quand il affirme dans un article (Yougoslavie, Irak, Libye, Syrie, Venezuela, Ukraine… : trop, c’est trop !)  à propos de l’acte d’indépendance et de la fusion de la Crimée vers la Russie: « L’élite politique occidentale tremble. Elle ne s’attendait certainement pas à cela. Pourtant, la Russie avait prévenu maintes fois les Occidentaux que s’allier avec des extrémistes est un jeu bien dangereux. Que ce soient des intégristes salafistes ou des révisionnistes néo-nazis. » [4].  Toute la planète suit attentivement la situation en Ukraine, et la Russie trouve sa voix de sagesse -avec le Président Vladimir Poutine- dans l’excellent chef de sa diplomatie, Serguei Lavrov, à mon avis un de plus brillants diplomates au monde, que je salue pour ses efforts vers la juste paix dans un conflit organisé par l’Occident, comme nous en avons la preuve avec l’opération armée commandée dans ce dernières heures à Slaviansk, dans l’Est de l’Ukraine,  par le gouvernement putschiste de Kiev contre les droits et les demandes d’une population civile qui dans sa majorité (russophone) ne veut pas de ce gouvernement que l’Union Européenne protège malgré les abus commis.  Pourtant la même Union Européenne, d’accord avec l’aveuglement moral d’Obama, était la première à crier au scandale lorsque la police et les services de sécurité du Président Ianoukovitch essayaient par des moyens normaux de stabiliser la situation et de contrôler les insurgés soutenus depuis l’étranger, notamment par des organisations extrémistes comme Praviy-Sektor, Svoboda et autres, adoptant ouvertement une idéologie néo-nazie et menaçant de descentes armées contre la population russophone et vers les régions du sud-est du pays, comme se passe-t-il actuellement.

Au même temps, comme a fait noter le Ministre des affaires étrangères de Russie, M. Lavrov, lors d’un entretien le 30 mars sur la chaîne TV 1 de Russie avec Irada Zeinalova, animatrice du programme d’analyse “Dimanche” :

« Dès le début des certains événements en Ukraine , au début de novembre [2012], quand le président ukrainien a pris une décision tout à fait légitime de reporter la signature de l'accord d'association avec l'UE (juste le reporter , notez, pas l’annuler purement et simplement !) , les manifestations ont commencé sur place de l'Indépendance [Maïdan], (…) et très bientôt les militants du Secteur-Droit du  et d'autres groupes radicaux sont apparus sur Maïdan, nous avons averti les pays occidentaux contre leur condescendance. Ils ont répondu plutôt vaguement, qu'il s'agissait de l'expression légitime d’une position civile. Bien que, même à ce moment-là, il était clair que ces protestations devenaient inconstitutionnelles et anti- gouvernementales. Et puis il y eut un coup d'Etat, qui advint le lendemain après que le président Ianoukovitch avait signé un accord avec l’opposition, en présence des ministres des Affaires étrangères des trois pays de l’UE. Immédiatement, ils ont dit que la révolution avait eu lieu et que nous avons dû accepter les faits. Ils disent encore cela aujourd'hui , quand nous disons que ce qui s'est passé était illégitime . » [5]

Or, étrangement, lorsqu’en Ukraine des groupes civils, une grande tranche de la population à l’intérieur du pays et en particulier dans les zones russophones de l’Est et du Sud de l’Ukraine, comme à Donetsk, Kharkov, Odessa, Lougansk, et aujourd’hui à Slaviansk et à Kramatorsk, ont pris l’initiative de protester et de réclamer leurs droits à s’opposer au régime du putsch de Kiev, compromis avec des organisations extrémistes financées depuis l’étranger et particulièrement violentes, voilà que l’Union Européenne ne donne aucun gage à cette « position civile », au contraire elle les ignore diplomatiquement et soutient la répression armée. Elle arrive à ignorer les responsabilités d'un incendie criminel à Odessa, qui a vu 46 personnes brûlées vives, assassinées ou défenestrées dans la panique.  

Dans l'aveuglement et le brouillage médiatique occidentale, il y a une ligne d’équivalence à ce qui s’est passé dans les révolutions dites du « printemps arabe » qui se sont ensuivie en succession temporelle depuis les émeutes de Tunisie en décembre 2010, où maintenant les manipulations médiatiques sont devenu évidentes et déclarées ouvertement aussi par la presse occidentale. Il y a eu une participation financière remarquable de l’émirat du Qatar, qui a fonctionné en suite médiatiquement et politiquement comme plaque-tournante des Frères musulmans qui se sont installés en suite au pouvoir. En Egypte, par le biais du parti ‘Justice et Liberté ‘, qui a encouragé les actes extrémistes des islamistes contre les Coptes et les laïques et nationalistes égyptiens en général. En Tunisie, par le biais du parti-vitrine Ennahdha conduit par l’islamiste Rached Ghannouchi, un opposant protégé par les Anglais et ayant collaboré avec l’intelligence anglaise, comme résulte des enquêtes publiées par des revues spécialisées.  Le suicide d’un vendeur ambulant souffrant de dépression et éconduit par un banal accident de contrôle policier, en décembre 2010, a été le moyen médiatique d’agitation par le biais d’une chaîne qatarie engagée dans le plan subversif, Al-Jazira, alors qu’aujourd’hui, 2 mai 2014, une tentative de suicide par le feu d’une femme enceinte devant le lieu de l’Assemblée Nationale Constituante au Bardo, à Tunis, est délaissée et ne concerne apparemment aucun politicien, aucune chaîne d’Etat ou reporter, sauf la petite presse locale. En Egypte, les protestations des Coptes suite à l’oppression subie à cause des Frères musulmans, avec des agressions et des interrogatoires violents jusqu’à la torture (et cela en particulier dans une mosquée située au Caire) n’ont pas provoqué l’indignation de l’Union Européenne, ni du gouvernement US d’Obama.  Leur silence étant devenu routinier, les Coptes et les Égyptiens patriotes en grande majorité ont organisé l’opération Tamarrod qui a été suivie et supportée par une manifestation géante des dizaines des millions d’Égyptiens dans les rues et par une pétition nationale écrasante dans les réseaux Internet, qui a demandé la nécessaire intervention de l’Armée avec l’actuel Marechal Sissi pour sauver le Pays du démembrement civil et territorial, suite à des « cessions » que l’ex-Président Mohammed Morsi envisageait au Sinaï et encore dans le Sud. De même, en Tunisie, avec les émeutes de Siliana, qui ont fait des morts mais surtout des centaines de blessés parmi les jeunes contestataires, qui étaient suivis par les médias occidentaux seulement lorsqu’il s’agissait d’abattre le régime de Ben Ali, pour donner suite aux plans pro-islamistes d’Obama, et bien alors, il n’en était rien de la part US et de l’Union Européenne en terme de pression politique directe, sauf quelques reportages montrant la brutalité de l’utilisation de fusils de chasse dans les blessures de ces jeunes, une partie ayant perdu la vue ou handicapés, comme lors des tirs des snipers. Mais on doit dire la même chose dans le cas encore plus tragique de ce qui s’est passé en Libye et en Syrie.

En regardant objectivement la situation explosive en Ukraine, plusieurs signes nous montrent qu’il s’agirait d’une extension en Europe de l’Est du phénomène insurrectionnel erronément qualifié par les médias occidentaux de « printemps arabe », mais en vérité un plan d’ébranlement et de destruction  des entités nationales de la région MENA (en anglais Middle-East–North-Africa), l’Afrique du Nord et le Moyen Orient selon un abrégé géostratégique établi par Samuel Huntington, théoricien du « choc des civilisations ». Le « bloc MENA »  comprend le monde musulman dans ses dimensions classiques de califat, soumis pour une longue période de l’histoire à l’empire ottoman.  La dynamique de ce bouleversement calculé, mais difficilement maîtrisable malgré l’utopie politique sanguinaire de ses théoriciens, est soutenue par la soif de conquête de ressources énergétiques et des possibilités de monopole commercial que le contrôle de cette vaste région du monde pourrait leur garantir.  Un objectif de grande envergure serait la mise en échec de la politique d’ouverture vers les marchés asiatiques de la Russie, brisant sa propre dynamique intercontinentale que les dimensions mêmes du territoire de l’ancien bloc soviétique facilitent. On comprend aisément que les Etats Unis, dans leur idéologie d’impérialisme économique tout azimut soutenu par la pression militaire introduite dans différentes situations et scénarios géopolitiques sur la planète, redoutent énormément les potentialités de l’industrie et du savoir faire technologique prodigieux de la Chine et son renforcement à travers les possibilités d’échanges avec la Russie, ainsi que son entrée en jeu dans la région MENA, et en particulier en Afrique. Nous l’avons vu auparavant par l’aventure panafricaine soutenue par le feu Colonel Mouammar al-Kadhafi, arrêtée par la guerre civile et militaire voulue par la France et l’OTAN et par l’assassinat macabre du Colonel et Guide historique de la Jamahiriya par un commando djihadiste. Déjà cette illustration géopolitique en soi nous clarifie sur les conflits sociopolitiques et les guerres, soit militaires soit civiles, qui se sont déclenchées ces toutes dernières années dans cette région, où l’OTAN, l’alliance militaire «atlantique » qui sert essentiellement les dessins impérialistes anglo-américains, a pris un rôle troublant de « défenseur de vies humaines » à partir de Bénghazi en Libye, alors que cyniquement a massacré par des bombardements d’une atroce intensité des dizaines et dizaines de milliers de civils, pour créer enfin une énorme zone de vide étatique, de criminalité organisée, de terrorisme et contrebande d’armes et de stupéfiants.  Nous sommes donc devant à une extension de cette stratégie sanguinaire de mis à sac des Etats-Nations concernés et de leur éclatement mortifère, pour l’Ukraine aussi, pour les seul intérêt impérialiste des commanditaires et des bénéficiaires économiques de ce projet criminel qui met en danger non seulement les vastes populations de cette région du monde, mais par inévitable ricochet, toute la planète et toute la civilisation humaine, après les catastrophes de deux guerres mondiales et la menace de notre anéantissent atomique. 

L’Ukraine est devenue une affaire bien plus grave que l’exemple passé de la Serbie avec l’éclatement de l’ex-Yougoslavie, avec l’appendice du Kosovo et les formes de terrorisme islamique qui y se sont développés avec des infiltrations en Albanie. Les accords de sortie de crise signés le 21 février 2014 à Kiev en présence des «médiateurs» français, allemands et polonais, prévoyaient notamment une élection anticipée du chef de l’Etat, la formation d’un gouvernement d’unité nationale, ainsi qu’une réforme constitutionnelle qui diminuerait les pouvoirs du président au profit du Premier ministre.  Il n’en a été rien, ainsi que de la dernière initiative russe de détente pour prévenir les risques d’une grave escalade militaire dans toute la région, le compromis international de Genève, du 17 avril, lequel s’envole en éclats cinq jours après. En réalité, le processus populaire de séparation de la Crimée, couronné par les résultats du référendum du 16 mars 2014, avec une participation record de 73% de la population et 96,6 % de «oui», avait eu comme un effet de contagion dans les autres provinces de l’Est à majorité russophone, qui demandent une fédéralisation assignant leur autonomie de Kiev. Résultat du référendum et revendication d’autonomie, deux choses que l’Union Européenne et les Etats Unis ont incompréhensiblement refusé de reconnaître. Un président américain terni à jamais par sa carte islamiste dans la politique du « printemps arabe », Obama, qui est pour les Chrétiens d’Orient synonyme d’islamisation et d’appui aux terroristes d’al-Qayda en Syrie, un président déchu de sa très discutable profession  de  foi chrétienne par la nonchalance des massacres contre les minorités en Syrie, en Libye, en Egypte, malgré son prix Nobel pour la Paix, dont l’attribution est devenue soupçonnée d’influence externe, fait des grimaces médiatique et accuse la Russie par des arguments débiles, accompagné par une presse et par des médias européens dont la participation financière du Qatar devienne géante.  

Tous ces acteurs politiques, jaloux et contristés par leur frustration hégémonique, ont dû enfin se résigner devant la situation de facto complètement favorable à la Russie : présence d’une importante base portuaire militaire et stratégique d’ancienne date à Sébastopol, population en grande majorité russophone, venant de Russie et réclamant sa nationalité d’origine, défection massive dans le rang des forces armées ukrainiennes et même de l’amiral Denis Berëzovski qui font allégeance à la Crimée indépendante, manifestations massives d’euphorie populaire après la victoire des indépendantistes pro-russes au référendum. La péninsule passe le 30 mars 2014 à l'heure de Moscou et à midi, il sera 14h. Le Premier ministre de la république autonome de Crimée, Serguieï Aksionov, publie sur Internet une photo montrant Barack Obama en uniforme de l'armée russe. Il fait de l’humour : "Je me demande si Barack Obama sera promu colonel après son succès sur le retour de la Crimée…?" [6] ...  Mais, points non moins importants, l’histoire de rédemption territoriale après Byzance de l’occupation turque par la tsarine Catherine II, la « Grande Catherine », le décisif facteur culturel, comme entre autre l’existence à Yalta de la  maison de l’illustre  dramaturge russe Anton Tchekhov, né en Crimée et y habitant en âge avancée dans la fameuse « Datcha Blanche », aujourd’hui musée dédié à sa mémoire. A Yalta, Tchekhov rencontra le grand écrivain russe Léon Tolstoï y venu en vacance.  Encore un fait très symbolique  pour le prestige russe dans la presqu’île, perle de la Mer Noire, le tsar Nicola II et sa famille martyre avec lui, passaient leur vacance et vécurent  leur tragique dernier été à Livadia en Crimée. Des innombrables photos et des films d’époque illustrent romantiquement et avec grande nostalgie la vie d’une famille très unie (l’adolescent héritier Alexeï menacé par l’hémophilie, les belles Olga, Tatiana, Marie, Anastasia au fleur de leur jeunesse, la tzaritza Alexandra Fedorova enveloppée d’un voile de tristesse pensive), une famille qui est devenue sainte pour l’Eglise et sacrée aux cœurs et à la mémoire d’innombrables Russes après la souffrance morale et spirituelle causée par le système communiste soviétique. Mais la presse occidentale a complètement ignoré ces choses dans l’affaire de Crimée. Elle veut encore ignorer d’autres faits : la Russie, par son église orthodoxe qui a retrouvé sa dignité et son rôle social après le long processus révolutionnaire de la Pérestroïka restaure ses monuments et en construit des nouveau, comme à Iekaterinbourg en Sibérie, en le dédiant au martyr de la famille du Tsar, tandis qu’en Europe on dégrade et on détruit les églises, on souille la pitié religieuse par une décadence morale et des mœurs que le prestige du seuil de Saint Pierre à Rome tente fébrilement de sauver parmi des scandales de corruption ecclésiale.  La cause des indépendantistes pro-russes et des ukrainiens refusant la mainmise de l’Union Européenne dans leur vie nationale est véritablement une cause morale et une cause justement défendable.   L’autre grande question est « qui a financé le mouvement insurrectionnel de l’Euro-Maïdan, qui a ébranlée la capitale et poussé vers un mouvement de guerre civile » ?   La réponse est urgente, la prise de conscience plus que jamais nécessaire car toute cette situation glisse lentement mais clairement dans la direction d’une conflagration de guerre d’une dimension potentiellement mondiale. La position moral de l’Union Européenne est inamissible, son silence est coupable face aux agissements des groupes d’extrême droite agissant au sein du Parlement et du gouvernement de Kiev, qui s’est établi par un coup d’Etat dont l’Union Européenne se sente bénéficiaire sans vouloir le dire à clairs mots ou l’avouer aux médias.  Et cela ressemble tristement aux projets sanguinaires de domination  mondiale soutenus par les lobbys de richissimes vendeurs d’armes et exportateur de conflits, dont l’exemple plus évident est fourni par Henry Kissinger et ses abominables doctrines de « déchiquètement » des nations arabes et de « fragmentation » de la région MENA, au profit de la « globalisation », lisez plutôt le nouvel ordre mondial que pour ces adeptes nazi-sionistes américains commence par les iniques mariages d’homosexuels et l’adoption dépravée d’enfants à leur envie, ce que la Fédération Russe ne peut absolument accepter par sa propre identité morale ancrée dans l’histoire. L’autre conséquence géopolitique de l’OTAN sous influence néo-nazie est immédiatement illustrée par les bandes djihadistes armées de kalachnikovs et de roquettes en Libye et Syrie s’entretuant mutuellement dans une hystérie psychopathe de pouvoir, en attente d’attiser un nouveau conflit mondial en Ukraine, juste cent ans après le premier qui a causé la mort de dix millions d’hommes. Et il pourrait alors facilement arriver à une dimension atomique. 



Nino G. Mucci




[1] « Une tentative d’assassinat aurait été organisée alors qu’il se rendait dans la nuit du 21 février à Kharkov pour participer au forum du Parti des régions (dont il est membre) : des extrémistes armés ont tiré sur son cortège », cfr. La Voix de la Russie, art. ci-dessous.
[2] Le verbatim a été obtenu par le Service de sécurité d'Ukraine. Les deux diplomates européens faisaient part de leurs impressions sur la situation en Ukraine.
[3] Cfr. La Voix de la Russie, 4 mars 2014, « L’Estonie confirme l’authenticité des conversations sur les snipers à Maïdan », publié en ligne dans le site en langue française relatant les services radiophoniques depuis Moscou. 
[4] Mikhail Gamandiy-Egorov et alt., art. cité dans  La Voix de la Russie |  4 mars 2014.
[5] Cfr. l’article en ligne dans l’archive média RT (Russia Today),  « Lavrov : ‘If West acceptscoup-appointed Kiev govt, it must accept a Russian Crimea’ » - March 30, 2014, la traduction en français est la mienne. 
[6] Cfr. « Référendum en Crimée: 95% de oui pour un rattachement à la Russie », The Huffington Post, en ligne le 16/03/2014. 

Friday, July 19, 2013

RACHED GHANNOUCHI, plus DE CENSURE dans Wikipédia !


■  « Rached Ghannouchi »,  ou l'insupportable censure dans l’Encyclopédie « libre » Wikipédia!   




LA MAINMISE De l’ORGANISATION ISLAMISTE ENNADHA sur les SOURCES d’INFORMATION en ligne 



Dans la dégringolade politique du parti islamiste Ennahdha en Tunisie, proche allié des Frères musulmans et par conséquent associé à la débâcle de leur pouvoir en Egypte, après la destitution du Président Morsi par l’Armée égyptienne le 3 juillet 2013, on peut découvrir aisément que l’angoisse d’une contagion populaire de ces ferments de liberté s’est installée dans ce parti aux rouages constricteurs de l’apparat étatique tunisien. Au delà de leur recours à la logomachie du « coup d’Etat », du « putsch », qui ignore ponctuellement la démonstration populaire géante du 30 juin avec 14 millions d’Egyptiens dans les rues des toutes les grandes villes du Pays et 22 millions de signataires d’une pétition de démission de Mohammed Morsi par le mouvement de révolte pacifique « Tamarrod », ce parti semble être maintenant dans une obsession de mainmise des réseaux et des sources d’information. 

Cet effort de mainmise, dont on connait les contributions financières et logistiques qatariennes et l'apport substantiel de la violence contre journalistes, artistes, intellectuels laïques et autres acteurs de la vie politique et sociale, par la « Ligue de Protection de la Révolution », une milice largement dénoncée comme au solde du pouvoir islamiste, révèle son intérêt direct dans l’affaire de la coupure de la chaîne satellitaire At-tounsiya, [1] dont le directeur Sami Fehri croupit dans la prison sans aucune justification et en barbe aux prétendus soucis humanitaires du ministre des Droits de l’Homme Samir Dilou, ancien incarcéré de la Nahda islamiste.   

Encore, comme signalé d'ailleurs par le journal tunisien francophone en ligne Business News, le site du journal égyptien de prestige Al-Ahram ne serait pas accessible en Tunisie dans ces jours, où la contestation populaire va en crescendo contre le gouvernement islamiste conduit par Ennahda, angoissé du scénario égyptien.  La censure du temps de Ben Ali serait ainsi à nouveau active, opérée par ceux qui se sont réclamés à tort acteurs de la révolution contre la "dictature" de l'ancien Président, et qui ne semble plus si terrible face à la nouvelle.

Mais il y a de plus, et mon article le révélera en détail, car même le site de la plus grande encyclopédie en ligne, le projet culturel de la Wikipédia, connue comme « l’encyclopédie libre », serait maintenant ouvertement visé par les islamistes d’Ennahda.  Leur souci de contrôle s’exerce naturellement sur les voix de l’encyclopédie qui sont concernés par leur organisation, leur organigramme et leurs acteurs, dont en premier chef Rached Ghannouchi, le « gourou » historique de la confrérie tunisienne. 

Nous allons découvrir maintenant, non sans surprise pour beaucoup de lecteurs, comment ce souci de contrôle dépasse largement les limites du raisonnable et de ce qui est démocratiquement concevable dans une association ouverte, poursuivant un but non lucratif et censée promouvoir la culture et le savoir, fondée -ce qui est de plus- aux Etats Unis et ayant une vocation universelle par ses branches linguistiques, dont la Wikipédia française.

Mon propos est d'illustrer les (nouvelles) méthodes de contrôle et de contournement de la liberté d'édition dans le but d'informer correctement et richement, quand l'article du Wikipédia concerne le "sujet sensible" du pouvoir islamiste en Tunisie et son symbole de tyrannie par excellence, Rached Ghannouchi.

■ Les contributions à l’article postées le 14 juillet 2013, dûment notées et référencées pour une accréditation culturelle facile et compréhensible, ont été retirées dans l’espace des quelques heures. Ma réaction a été donc de rediffuser le contenu supprimé de ma contribution sur Wikipédia et des l'enrichir dans la mesure du possible d’autres sources et références, de façon que l’œuvre lobbyiste de censure de la Nahda islamiste, au sein même du projet Wikipédia, « encyclopédie libre et vivante », contre la liberté d’information ne puisse plus trouver aucun prétexte.

 Mes apports textuels, bien défendables quant à leur contenu, avaient en effet été retirés de la page sur prétexte d'une argumentation capricieuse et grotesque, qui était appuyée par un administrateur du site Wikipédia,  lequel m’empêchait la discussion même de l’article.

Par contre l'article "Rached Ghannouchi" que Wikipédia mettait en ligne le 15 juillet 2013 était affecté par des imprécisions et par une présentation biographique complètement flatteuse de Rached Ghannouchi, digne d’une affiche propagandiste du parti Ennahdha lui-même. Cela n’était de l’information, c’était du service rendu au parti. 





J'écrivais alors: 

Des questions permises

L’Encyclopédie Wikipédia ne peut accepter aucune critique, même constructive et référenciée, au personnage Rached Ghannouchi, mais publier seulement la version embaumée du CV d’un « héros révolutionnaire » romanesque du 14 janvier tunisien, telle qu’établie par la chaîne médiatique Al-Jazeera ?

L’Encyclopédie Wikipédia, aurait si sérieusement dérapé de son projet culturel, pour soumettre la culture au projet totalitaire poursuivi par les pétromonarchies du Golfe, ce qui constitue la barre de tolérance de l’information?


MISE A JOUR du 29 juillet 2013

sujet : GUERRE D'EDITION dans l'article Wikipédia de Rached Ghannouchi.


Mes ajoutes du 14 juillet 2013 à l'article sur Wikipédia étaient dûment référencées et j'ai insisté près des administrateurs Wikipédia pour que mes contributions soient justement interprétées et publiées, pour mettre en lumière le passé criminel de celui et l'ample éventail de contestation de son idéologie, actuel et passé, ainsi que son pouvoir politique controversé qui a donné origine actuellement en Tunisie au mouvement Tamarrod à cause de l'atmosphère de totalitarisme religieux qu'y fait régner. 


CETTE DEMANDE A EU FINALEMENT GAGNE DE CAUSE 

1.) La relation de Rached Kheridji avec le khomeynisme est actuellement chose acquise dans l'information contenue dans l'article , ainsi que son allégeance à l'islamisme des Frères musulmans.

La version de l'article Wikipédia édité le 28 juillet 2013, avec mes apports, met en relief dès l'introduction:

"Rached Ghannouchi (arabe : راشد الغنوشي), de son vrai nom Rached Kheriji (راشد الخريجي), né le 22 juin 1941 à El Hamma, est un homme politique tunisien islamiste [1], anciennement lié au khomeynisme révolutionnaire [2]. Chef d'Ennahda, parti politique tunisien proche du mouvement des Frères musulmans [3] il vit en exil à Londres du début des années 1990 jusqu'à son retour en Tunisie à la suite de la révolution tunisienne de 2011."

2.)  L'encadrement historique de son activisme islamiste a été complètement revu, corrigé et confirmé par des nombreuses notes et observations. Les liens avec la violence et le terrorisme islamiste ont été correctement évoqués et expliqués par des notes et références.

Notez les nouveaux passages ajoutés:

Dans les colonnes des journaux Al-Moujtamaa et Al-Habib, qu'ils parviennent aussi à contrôler dès 1978, les intellectuels islamistes commencent à aborder ouvertement la question de l'instauration d'un « État islamique » [4].  Créée au même moment par l'un des piliers du mouvement, Habib Mokni, la maison d'édition Dar al-Raya, basée dans la médina de Tunis, aide à diffuser l'idéologie des Frères musulmans parmi les lecteurs tunisiens. Entretemps, les heurts sur les campus universitaires se multiplient : « Les prétextes sont divers : interruption des cours à l’heure des prières, tenues vestimentaires des femmes jugées non conformes aux préceptes de l’islam, non-respect du jeûne du ramadan. Peu à peu, les interventions des islamistes investissent tous les lieux sociaux. En septembre 1977, pour faire respecter le jeûne du ramadan, les islamistes manifestent à Sfax et ferment cafés et restaurants après les avoir détruits » [5].

Ajoute de paragraphe

Débat politique et controverses

Malgré la reconnaissance officielle de son parti, son rôle dominant sur la scène politique du pays est le sujet de controverses politiques [6], notamment après les déclarations favorables de son leader vis-à-vis au mouvement islamiste palestinien du Hamas [7], ainsi que la protection assurée à la Ligue de protection de la révolution, dénoncée par l'opposition et les médias comme une milice à la solde d'Ennahda, répressive de la liberté d'opinion, de réunion et d'information [8] [9] [10].

Le 25 février 2013Jeune Afrique par la plume de Marwane Ben Yahmed, faisant suite au malaise politique et aux polémiques suivant l’assassinat de l’avocat et défenseur de la laïcité Chokri Belaïd, prend position et publie un article de dénonciation intitulé Rached Ghannouchi, l'homme qui a trahi la révolution tunisienne [11].
Dans le contexte du conflit armé opposant au Djebel Chambi, près de la frontière entre l'Algérie et la Tunisie, les forces de l'ordre à des membres de la mouvance terroriste djihadiste, ses déclarations sont pointées du doigt pour leur ambiguïté morale face au salafisme djihadiste [12] [13] [14]. Le 17 juin 2013, le journal syrien Al-Watan annonce que la Syrie a constitué des dossiers à charge contre le gouvernement tunisien qu’elle va porter devant le Conseil de sécurité des Nations unies et la Cour internationale de justice, visant entre autres Ghannouchi pour avoir organisé un réseau de djihadistes tunisiens partant combattre en Syrie [15].
Les ouvrages de Rached Ghannouchi font l’objet de critiques de fond sur sa pensée anti-progressiste et stigmatisant la laïcité, comme de la part du libre penseur et théologien Mohamed Talbi, qui considère que son appel à la démocratie n’est pas sincère car il est un salafiste et le salafisme et la démocratie ne peuvent pas être compatibles [16]. L’écrivain et ancien professeur à la faculté des sciences de TunisLarbi Bouguerra, critique la thèse de son livre La femme dans le Coran et le vécu des musulmans (1984) : « Le texte, qui attribue au bourguibisme tous les défauts et notamment le dévergondage et les mœurs dissolues, affirme que pour redresser la barre et sauver le pays du stupre, le courant islamiste « s’oppose avec force au travail féminin hors du foyer et à la mixité dans les établissements d’éducation ». Pour faire bonne mesure, il prône la polygamie, « un devoir religieux et non un remède exceptionnel » tient-il à souligner » [17].





[2] « L'établissement de la république islamique en Iran sous la conduite de Khomeiny et des ulémas est l'exemple à suivre et la preuve que l'établissement d'une véritable République Islamique est possible » selon J. Loiselet, « Le Mouvement de la Tendance Islamique en Tunisie », éd. Centre d'études pour le monde arabe moderne, Beyrouth, 9 mai 1987





[7]  « Tunisie : Ghannouchi offre son hospitalité au Hamas ! », Islamic Republic of Iran Broadcasting, 7 août 2012




[11] « Depuis son arrivée au pouvoir, dans l'ombre, Ghannouchi s'est évertué à ouvrir plusieurs fronts. Une guérilla permanente. Ennahdha bloque des articles de la Constitution, refuse d'inscrire les droits universels dans la loi fondamentale, tergiverse sur la charia ou le statut des femmes, stigmatise l'opposition, rêve d'anéantir le parti qui a le vent en poupe, Nida Tounes, fondé par l'ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, s'en prend aux médias, aux laïcs, aux artistes, instrumentalise le débat identitaire et utilise la religion pour traiter de mécréants tous ceux qui s'opposent à lui » selon Marwane Ben Yahmed, « Rached Ghannouchi, l'homme qui a trahi la révolution tunisienne », Jeune Afrique, 25 février 2013


[13]  « Les masques sont tombés : le projet de Ghannouchi pour la Tunisie se résume à l'instauration d'une théocratie qu'il convient de bâtir méthodiquement, pierre après pierre, comme il l'a lui-même expliqué à des salafistes impatients. Des propos révélés il y a quelques mois par deux vidéos qui ont fait le tour de la Toile » selon Marwane Ben Yahmed, « Rached Ghannouchi, l'homme qui a trahi la révolution tunisienne »,Jeune Afrique, 25 février 2013



[16]  «Je considère que cet appel n’est pas sincère, parce qu’il est salafiste. Et le salafisme et la démocratie ne se rencontrent jamais » selon « Tunisie - Rached Ghannouchi, un salafiste refoulé et démasqué ? », Slate Afrique, 11 octobre 2012



Notes texte principal

[1]  « Ettounsiya est ciblée », a lancé le présentateur télé Moez Ben Gharbia, affirmant que « l’interruption de la diffusion de ses programmes, deux jours avant le mois de Ramadan, est une preuve de plus que cette opération avait été préparée à l’avance ». Voir le communiqué d’agence TAP du 08 juil 2013.



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